Transports

Melun Val-de-Seine. Le plan anti-bouchon de la région booste le contournement

Sophie Bordier
12 mars 2017, 12h30 | MAJ : 13 mars 2017, 17h02
« Ce plan est ultra-rétrograde » selon Bénédicte Monville De Cecco (EELV), conseillère régionale et élue d’opposition à Melun « car il réinstalle la voiture au centre des mobilités. Or, plus il y a de voies, plus il y aura de véhicules. Cela va augmenter la pollution atmosphérique car le trafic routier représente 25% de cette pollution. »
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L’Arlésienne du pont supplémentaire à Melun

A propos de l’Arlésienne du pont supplémentaire à #Melun dont on reparle depuis que Valérie Pécresse a donné cet exemple dans un rapport du conseil régional dit « anti-bouchon » (comprenez pro lobby automobile et anti-écologique) je rappelle ici la position des écologistes : les écologistes sont opposés à ce projet de pont supplémentaire depuis longtemps. C’est une mesure populiste qui augmentera le nombre d’engins motorisés dans la ville et ses alentours immédiats et augmentera la pollution atmosphérique. Notre problème est de trouver des alternatives aux moteurs thermiques et en particulier à la voiture individuelle. Toutes les villes du monde l’ont compris … sauf #Melun ?!! C’est une question de santé publique. Le problème ce n’est pas d’avoir des ponts et des voitures en plus, le problème c’est d’avoir des transports en commun, accessibles et efficaces, et plusieurs alternatives (pistes cyclables, trottoirs dignes de ce nom, etc…) pour avoir des ponts et des voitures en moins ! Et ce que couterait un pont serait bien mieux employé au développement de ces alternatives durables. C’est une question de justice environnementale mais aussi de justice sociale parce que celles et ceux qui auraient le plus à y gagner ce sont les personnes âgées et les enfants qui souffrent davantage de la pollution et les personnes qui se déplacent en transport en commun parce qu’elles n’ont pas les moyens d’avoir une voiture dont l’entretien coûte très cher.

Le projet est décidément très soutenu par la région et l’exécutif de droite soumettra au vote de la commission permanente du 16 novembre le rapport CP 16-634 intitulé « Plan local de déplacement de la communauté d’agglomération de Melun Val-de-Seine », lequel prévoit de financer des « études d’amélioration et de développement de l’offre de transport ». Les intentions déclarées ne peuvent nous laisser aucun doute sur le mode de transport qui sera privilégié, la voiture individuelle, à contre sens de tout ce qu’il faudrait faire à la fois pour des raisons écologiques et économiques.

Lire aussi : https://reporterre.net/Grande-distribution-et-voiture-individuelle-comment-la-France-a-tue-ses-villes

Nous voulons des transports qui fonctionnent

Lors du dernier conseil municipal, Claude Bourquard est intervenu pour demander au maire de Melun de bien vouloir se faire l’écho auprès du STIF (Syndicat des Transports d’Île-de-France) de notre préoccupation.

En effet, ces derniers mois les conditions de circulation sur les lignes D du RER et R du transilien se sont considérablement dégradées.

Il y a les travaux, nécessaires bien sûr, mais il y a surtout, et les chemineaux n’ont cessé de nous alerter, de très mauvaises conditions d’exploitation étant donné un manque de personnel chronique et du matériel vieillissant.

Non seulement cette situation augmente nos temps de transport et alourdit nos journées jusqu’à la limite du supportable mais elle bouleverse l’organisation des familles. Combien de parents se sont retrouvé.e.s ces semaines passées dans l’incapacité d’aller récupérer un enfant à l’école ?

En outre, cela dégrade l’image de notre ville.

Nous voulons redire que les politiques d’austérité menées par l’Etat empêchent le recrutement du personnel et du matériel nécessaires au bon fonctionnement de nos transports en commun.

Ces politiques pénalisent les usagers que nous sommes et nos familles. Elles pénalisent le personnel qui n’a pas les moyens de faire son travail correctement et vont à l’encontre du développement nécessaire des transports en commun pour limiter les transports individuels, nos émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique. Ces politiques doivent cesser et la satisfaction de l’intérêt général doit redevenir l’objectif premier des politiques publiques.

Nous remercions le maire de Melun qui a accepté notre requête, soutenue par l’ensemble du conseil municipal, et a déjà adressé une lettre à Mme Valérie Pécresse. Nous attendons sa réponse.

Le Passe Navigo unique: l’écologie au service des Franciliens

Les candidat(e)s EELV pour les régionales d’Île-de-France veulent rappeler la paternité des écologistes sur le Passe Navigo unique qui sera mis en place à la rentrée prochaine. « Le Passe Navigo unique, c’est l’esprit de reconquête citoyenne et de solidarité que nous voulons pour l’Ile-de-France de demain. »


Cet été, un vent de liberté se lève sur l’Ile-de-France, et le pouvoir d’achat de ses habitants va profiter d’une grande bouffée d’oxygène. Voulu et porté par les écologistes, le Passe Navigo unique arrive enfin. Il est même déjà là pour les jeunes qui ont une carte Imagine’R. Ces derniers ne connaitront plus les différentes zones qui érigent des murs entre le centre de l’Ile-de-France et sa périphérie.

Au 1er septembre, il n’y aura plus qu’une seule Ile-de-France, sans frontières. Un territoire unique qui rassemble, que chacun peut explorer à sa guise pour en découvrir les richesses. Des grands banlieusards aux Parisiens, en passant par les habitants des quartiers ou des zones dites péri urbaines, tout possesseur d’un forfait Navigo pourra, au prix le le plus bas, parcourir toute l’Ile-de-France.

Lire la suite de cette tribune là :

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L’avis de Bénédicte Monville-De Cecco, tête de liste EELV dans le 77 pour les élections régionales de décembre 2015 et signataire de cette tribune :

J’ai signé cette tribune parce que le Passe Navigo à tarif unique est une mesure aujourd’hui juste socialement. Celles et ceux qui, comme nous en Seine-et-Marne, vivent loin du centre de Paris, le plus souvent pour des raisons économiques, ont le sentiment d’être les dindons d’une farce dont ils ne maîtrisent pas les scenarii : un temps de transport décuplé, une vie sociale restreinte et une facture nettement supérieure à celles et ceux qui ont les moyens de vivre à Paris ou à proximité des bassins d’emplois. Pour autant, dans un monde idéal, un monde écologique, les gens n’auraient pas à perdre des heures de leur temps de vie dans les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail et les plus pauvres ne seraient pas ex-centré-e-s (pour ne pas dire chassé-e-s) des centres villes et des bassins d’emplois qui, d’ailleurs, se répartiraient également sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, les transports en commun ont un coût écologique important (matières premières, énergie, infrastructures, travail, etc.) et plus la distance parcourue est grande, plus ce coût augmente. Il est essentiel que le public ait conscience de l’importance de ce coût et de ses conséquences sur notre écosystème.
Enfin, toutes les études montrent que plus on améliore la performance (au sens capitaliste et productiviste) des moyens de transport plus les travers que nous, les écologistes, combattons s’accentuent et plus le temps de transport moyen par actif augmente.

Le combat écologiste vise bien à réduire l’utilisation des transports motorisés polluants et à améliorer la qualité de vie des êtres humains donc à relocaliser l’activité économique (l’inverse du projet du Grand Paris !).
Mais cette impérieuse nécessité ne me fait pas oublier qu’aujourd’hui trop de familles des classes moyennes et populaires paient plus cher et deux fois (en temps et en argent) pour des choix collectifs d’aménagement du territoire irresponsables écologiquement et socialement.

Je sais aussi que l’impact de cette mesure sur le transport automobile individuel sera sûrement insuffisant parce que celles et ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler le font soit parce que les transports en commun sont dans leur cas compliqués et extrêmement chronophages (de banlieue à banlieue), soit parce qu’ils-elles travaillent avec leur véhicule, soit parce que leurs déplacements sont occasionnels. Or, dans ce dernier cas, ils-elles n’utilisent pas de Passe Navigo mais des tickets. Et cette mesure ne s’applique pas aux carnets de tickets ce qui, de fait, favorise les inclus-es, c’est-à-dire celles et ceux qui travaillent et dont la moitié de leur titre de transport est remboursé par leur employeur.

Personnellement, je milite pour qu’on continue d’améliorer cette mesure et qu’on aille encore plus loin. Je suis à la fois favorable à d’autres choix d’aménagement du territoire et à la gratuité des transports en commun. Un service public gratuit est par définition financé par l’impôt. Par conséquent, le problème des modes de transport ne se poserait plus aux seuls usagers mais à tou-te-s les habitants de notre région et il me semble que le problème de l’aménagement de notre territoire et de la pollution est bien un problème qui doit être posé à cette échelle là. C’est ce que commence à faire le Passe Navigo à tarif unique. Parallèlement, il faudrait renchérir les moyens de transport individuels motorisés polluants, les interdire dans les centres villes (sauf raisons impérieuses travail, santé, sécurité, etc.) et développer les mobilités douces : vélos, trottinettes, marche à pied, etc.

Des transports en commun gratuits régleraient en partie le problème de l’injustice évidente qu’il y a à devoir vivre loin et payer plus et re-poseraient le problème de l’aménagement de notre territoire à tou-te-s les francilien-e-s et pas seulement à celles et ceux qui, parce qu’elles-ils paient cher ont un intérêt supérieur aux autres à penser les questions d’aménagement du territoire. Grâce à l’impôt (direct et proportionnel, sans niches fiscales et autres cadeaux aux grandes entreprises ou fortunes qui n’en ont pas besoin, là encore dans un monde écologique) le prix des transports pèserait davantage sur celles et ceux qui ont davantage de moyens quels que soient les choix qu’elles-ils auront fait. La question de la relocalisation des activités économiques se poserait dès lors avec la même acuité pour tout le monde, qu’on paie cher parce qu’on en a les moyens ou qu’on passe beaucoup de temps dans les transports en commun parce qu’on vit (faute de pouvoir faire autrement) loin de son travail.
Bénédicte Monville-De Cecco