La vie à Melun

Melun, certains l’aiment chaud !

Communiqué de presse 

La période de fortes chaleurs du mois de juin pose à nouveau la question d’une conception de la ville et de ses alentours qui limite l’effet d’îlot de chaleur urbaine (ICU). La majorité municipale de Melun n’est malheureusement pas encore entrée dans cette logique. Alors que tous les experts proposent le maintient et le développement des espaces végétalisés, à Melun, on les fait disparaître pour y construire de nouveaux bâtiments comme aux alentours de l’école des Mézereaux, en bas de l’Almont sur l’ancien terrain de boules qui sert depuis longtemps d’espace de promenade aux habitant.e.s ou sur la colline de l’hôpital à l’emplacement de l’ancien IUFM où s’élèvent maintenant deux gros immeubles de béton. Alors que les urbanistes conseillent de ne pas recouvrir les sols naturels et, là où on ne peut pas faire autrement, d’utiliser des matériaux de couleur claire sur les sols, la majorité municipale de Melun recouvre de nombreux espaces urbains et ne tient pas compte de ces recommandations lors des travaux de voirie. Ainsi la place Saint-jean vient d’être transformée en une énorme dalle de bitume, véritable étuve quand il fait chaud. Alors qu’il serait nécessaire de végétaliser toitures et façades, et de capter l’énergie solaire, aucune politique ambitieuse n’existe sur Melun comme le monstre de béton qu’est le nouveau santé-pôle public-privé (sic) là où se trouvait un grand espace boisé. Pour ne rien dire du soi-disant éco-quartier qui a d’abord consisté à détruire la nature environnante, végétaux et animaux, et à urbaniser les alentours de la ville. Les conséquences, ce sont des températures plus élevées de 2 à 3 degrés, par rapport à l’extérieur de la ville, voire de 4 à 8 degrés supplémentaires par rapport aux massifs forestiers qui l’entourent.

Dedans, dehors, les espaces de nature sont dévorés par la ville pour servir les intérêts spéculatifs des multinationales du béton et les ambitions anti-écologiques et socialement injustes de notre maire. Car cette politique est irresponsable d’un point de vue écologique. Elle dégrade les conditions de vie des habitant.e.s de Melun et augmente le phénomène globale du réchauffement climatique. Elle n’a qu’une seule ambition vendre tous les espaces disponibles possibles à des promoteurs immobiliers pour désendetter la ville et recouvrer une capacité d’emprunt sur les marchés qui permette au maire de mener sa politique sécuritaire. En effet, l’achat chaque année de nouvelles caméras de vidéo-surveillance sont les seuls investissements consentis par le maire et la police municipale est la seule administration à voir ses effectifs progresser quand le personnel communal au service de la population de notre ville diminue. Nous regrettons, par exemple et depuis des années, une médiathèque qui ne fonctionne qu’à temps partiel faute de moyens humains. Des services publics accessibles et nombreux sont pourtant un des leviers les plus efficaces en faveur de l’inclusion de toutes et tous dans la ville et de la lutte contre les inégalités sociales. Mais le maire n’en a cure. Il n’a qu’un seul objectif augmenter le nombre de policiers municipaux jusqu’à 50. Là où son rôle de premier magistrat de notre ville devrait lui commander au contraire d’enjoindre à l’Etat d’assurer comme il se doit la sécurité des citoyen.ne.s et de mettre tous les moyens à sa disposition dans l’amélioration du cadre de vie des melunaises et des melunais. N’est-ce pas pourtant ce qu’il avait annoncé ?

Claude Bourquard et Bénédicte Monville-De Cecco

élu.e.s du groupe Bien Vivre à Melun

Téléchargez le communiqué de presse en PDF :

CP-Melun, certains l’aiment chaud !

#Melun, Protection du massif de #Bréviande, notre voeu est rejeté par la majorité, l’opposition socialiste et communiste s’abstient

La question du contournement de Melun est prégnante depuis les années 1990. Bien que les associations locales ainsi que plusieurs communes concernées aient proposé des solutions raisonnables et alternatives, c’est le projet autoroutier (anciennement C5) qui a été mis en avant par les pouvoirs publics. Ce projet de rocade est prévu entre les D605, D606, D346 et un pont situé sur la Seine entre Boissettes et Boissise-la-Bertrand, pour rejoindre ensuite le contournement de Ponthierry-Pringy.

Cette nouvelle voirie, longue de 6 kilomètres, amputerai le Massif de Bréviande de 9 ha (voie de transit simple 2×1) à 20 ha (voie rapide 2×2) soit entre 9,8 % et 21,5 % de la surface du massif. Elle aurait aussi pour effet de couper le massif en deux zones qui ne seraient plus en communication écologique.

L’Agence Régionale des Espaces Verts d’Île-de-France reconnaît l’intérêt du massif de Bréviande en ces termes : « Véritable poumon vert pour les agglomérations qui l’entourent, l’espace naturel régional de Rougeau et Bréviande englobe également plusieurs bois communaux et couvre au total trois Zones Naturelles d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) ».

De même, dans le cadre du Plan Vert de la région Île-de-France, Valérie Pécresse et Chantal Jouanno ont fait l’annonce suivante : « Le but est de devenir producteur net d’espaces verts en créant 500 hectares d’ici à 2021. Soit l’équivalent d’un bois de Boulogne ». Cet objectif est notamment incompatible avec le contournement de Melun prévu au plan anti-bouchon de ce même conseil régional.

Le massif de Bréviande n’a pas le même statut social que les grands massifs forestiers de Seine et Marne. Il rend un service social à de très nombreux habitants et habitantes, principalement des classes populaires, de Melun, du Mée, de Vert-Saint-Denis, de Cesson, de Boissettes, de Boissise-la-Bertrand, attirés par la présence en son sein d’une Maison de l’Environnement, d’un arboretum, d’un sentier botanique unique (accessible aux aveugles), des nombreux sentiers permettant les activités physiques et d’une aire de pique-nique aménagée avec des barbecues. Ces populations ne vont pas dans le massif de Fontainebleau qui ne joue pas ce rôle social et qui nécessite de se déplacer en voiture.

Cet aspect social est confirmé par l’ensemble des scientifiques dont Anne-Marie Granet de l’ONF qui cite en exemple le Bois de Bréviande : « La fréquentation de bois et forêts proches de quartiers populaires et aménagés pour répondre aux besoins des riverains montre que se jouent pourtant autour de ces espaces de vrais enjeux sociaux (photo 1, ci-dessus Bréviande) qui vont bien au-delà du seul loisir dont l’importance ne saurait cependant être niée. On peut évoquer les enjeux de santé face à la sédentarité ou à l’excès de stress, d’apprentissage de l’autonomie pour les plus jeunes, de cohésion sociale par l’appropriation symbolique de ces espaces. »

En conséquence des éléments ci-dessus, le Conseil Municipal de Melun émet le vœu suivant :

Le Conseil Municipal de Melun réuni le 23 mars 2017 :

  • Demande à Madame la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, Madame la Présidente du Conseil Régional d’Île-de-France, Monsieur le Président du Conseil Départemental de Seine et Marne, Monsieur le Président de la communauté d’agglomération Melun – Val de Seine de prendre toutes les mesures nécessaires à la préservation intégrale du massif de Bréviande relativement à l’éventualité d’implantation de nouvelles voiries.
  • Renouvelle son attachement au principe de protection intégrale de la forêt régionale de Bréviande en tant que massif forestier de proximité et demande à ce qu’aucune nouvelle voirie ne soit implantée dans cette forêt.

    Claude BOURQUARD
    Bénédicte MONVILLE – DE CECCO

 

Lire aussi : « Melun, Les vœux des écolos tombent à l’eau », par Julien Van Caeyseele, La République de Seine et Marne du 23/05/2017.

La majorité refuse nos voeux en faveur d’une politique responsable pour limiter la pollution de l’air à Melun, l’opposition socialiste et communiste quitte la salle du conseil, visiblement pas concernée par le sujet, ou s’abstient.

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Après avoir dénoncé cet hiver l’inaction de la majorité municipale devant les résultats inquiétant de notre enquête sur la pollution de l’air à Melun, nous avons fait des propositions concrètes au conseil municipal. La majorité a voté contre, les socialistes et les communistes ont quitté la salle du conseil, visiblement pas concernés par le sujet, à l’exception de François Kalfon qui s’est abstenu. 

Jeudi soir, Bénédicte Monville et Claude Bourquard ont présenté quatre voeux au conseil municipal en faveur d’une politique responsable pour limiter la pollution de l’air à Melun (voir notre article sur l’inaction de la majorité contre ce fléau).

  • un voeu adressé au Conseil Régional demandant la préservation de la forêt de Bréviande, poumon de l’agglomération, à l’encontre du projet de contournement de Melun par l’ouest, qui pourrait l’amputer a minima de 9 ha, au pire de 20 ha (entre 9,8 et 21,5 % de la surface totale), qui plus est en le divisant en deux parcelles sans communication écologique;
  • un voeu adressé au Conseil Régional concernant le projet d’un nouveau franchissement de la Seine, susceptible d’augmenter dans les années à venir la circulation sur l’agglomération en favorisant le recours à l’automobile, alors même que des épisodes de pollution atmosphérique sévère ont été constatés par la borne Airparif en novembre et décembre dernier, demandant que des études objectives et indépendantes administrent la preuve de l’efficacité d’un tel projet, déterminent l’impact sur la biodiversité, tout en réaffirmant le souhait de diminuer l’importance des voitures et des camions dans la ville;
  • un voeu adressé à la Communauté d’Agglomération Melun-Val-de-Seine pour développer les mobilités actives (marche, vélo, trottinette) en leur donnant un vraie place, sécurisée, dans l’espace urbain, en excluant tout nouvel aménagement en faveur du transport routier, hors celui en commun à renforcer en fonction des besoins de circulation de la population;
  • enfin, un voeu à la Communauté d’Agglomération Melun-Val-de-Seine pour appeler à une conférence de citoyen-ne-s dans le cadre d’une consultation des populations sur la circulation des véhicultes dans l’agglomération et sur les aménagements à y apporter pour l’améliorer.

Différents aspects d’une vision politique alliant souci de santé publique, respect de la biodiversité, qualité de vie, justice sociale, démocratie et efficacité dans la conduite des politiques publiques qui sont les marqueurs de la liste citoyenne et écologiste portée en 2014 par le groupe Bien Vivre à Melun.

Les socialistes et les communistes ont quitté la salle du conseil, visiblement pas concernés par le sujet, à l’exception de François Kalfon qui s’est abstenu. La majorité a voté contre.

ps : Initialement proposés au conseil municipal du 23 mars, nos quatre voeux ont finalement été soumis au conseil municipal le 18 mai 2017, selon le bon vouloir du maire.

Voir l’article de la République de Seine et Marne

Voeu-Bréviande

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Voeu CM du 23:03:17-Mobilités actives

Voeu-conférence-de-citoyens

Melun Val-de-Seine. Le plan anti-bouchon de la région booste le contournement

Sophie Bordier
12 mars 2017, 12h30 | MAJ : 13 mars 2017, 17h02
« Ce plan est ultra-rétrograde » selon Bénédicte Monville De Cecco (EELV), conseillère régionale et élue d’opposition à Melun « car il réinstalle la voiture au centre des mobilités. Or, plus il y a de voies, plus il y aura de véhicules. Cela va augmenter la pollution atmosphérique car le trafic routier représente 25% de cette pollution. »
Pour lire l’ensemble de l’article

Feu vert pour la reprise des travaux de l’éco-quartier Montaigu

Après plusieurs années de blocage, lié à des contentieux judiciaires, les élus melunais ont évoqué la reprise des travaux pour l’éco-quartier de Montaigu. Des négociations ont été menées afin d’éviter d’attendre la décision de justice.

12/02/2017 à 17:33 par Julien Van Caeyseele

Des bulles de ventes désertes alignées à l’entrée nord de Melun, des travaux entamées sur la plaine de Montaigu et au point mort depuis des années. Lors du conseil municipal de Melun, jeudi 2 février, les élus ont évoqué la reprise prochaine des travaux de l’éco-quartier de Montaigu. Les groupes d’opposition sceptiques
Lors du conseil municipal, les élus d’opposition ont indiqué leur crainte quant aux nouveaux contours du projet. Dans leur ligne de mire, l’appellation d’éco-quartier et la densification liée aux 219 logements supplémentaires.


(…)
Ils ont voté contre la délibération. Lors de la délibération concernant l’éco-quartier Montaigu, les groupes d’opposition Bien vivre à Melun et Un nouveau souffle pour Melun ont fait part de leurs interrogations quant aux contours de la reprise de ce projet.
« La commune n’est pas responsable des recours en justice, a admis François Kalfon (PS). Mais nous ne voulons pas d’un éco-quartier cosmétique qui ressemble plus à du greenwashing qu’autre chose. »
Ainsi, l’élu d’opposition redoute que le nom d’éco-quartier ne soit qu’une image afin de donner au projet un aspect écologique responsable « alors qu’il est dominé par une logique de promotion immobilière », selon lui. Dans sa ligne de mire, la densification du projet.
« Notre volonté est d’apporter une vraie plus-value au projet, a rétorqué Nathalie Gagnarde de Crédit Agricole immobilier. Une conciergerie sociale et solidaire sera d’ailleurs intégrée au projet. »
Pour Claude Bourquard (SE), du groupe Bien vivre à Melun, « l’éco-quartier doit obligatoirement intégrer des initiatives citoyennes. »
Et d’ajouter : « Il est nécessaire de proposer une innovation audacieuse concernant la conception de l’école : ce futur quartier doit devenir un outil pédagogique pour les habitants qui vont y vivre. »
Pour Bénédicte Monville de Cecco (EELV), ce projet prive la ville d’un espace naturel : « Une ceinture maraîchère aurait pu être envisagée plutôt que de l’immobilier », a-t-elle estimé. « C’est un éco-quartier qui n’en portera que le nom. »

Lire l’article en entier

Melun. Le projet d’écoquartier de la Plaine de Montaigu relancé et agrandi

Sophie Bordier
08 février 2017, 14h30
Pour Bénédicte Monville de Cecco (EELV), qui déplore la densification de logements, c’est un « non-sens écologique » car ce programme « prive la ville d’un espace naturel qui aurait pu accueillir des activités maraîchères, une agriculture urbaine. »
Lire l’article en entier là :
http://m.leparisien.fr/melun-77000/melun-le-projet-d-ecoquartier-de-la-plaine-de-montaigu-relance-et-agrandi-08-02-2017-6665334.php

Pollution de l’air à #Melun : l’opposition écologiste dénonce l’inertie de la majorité municipale

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Du 27 novembre au 20 décembre Melun a connu un important pic de pollution aux particules fines, particulièrement dangereuses pour la santé. La station installée avenue Thiers par Airparif a mesuré pendant plusieurs jours des valeurs supérieures au seuil d’information et au seuil d’alerte. Or, nous n’avons constaté aucune réaction de la préfecture, de la ville de Melun ou encore de l’agglomération Melun Val de Seine. Les habitants n’ont été ni informés ni sensibilisés à ce problème et n’ont donc pas pu adapter leurs comportements ou réduire leurs propres émissions de gaz et de particules par leurs véhicules et chauffages au bois. Ces même pouvoirs publics n’ont pris aucune mesure de restriction de la circulation ni de restriction du chauffage au bois comme dans certaines villes. La santé publique mérite plus de courage politique ! Vous trouverez notre dossier complet et nos propositions en cliquant sur le lien ci dessous.
Lors d’un prochain conseil municipal nous proposerons une délibération pour la création d’un Bonjour, nous avons fait un certain nombre de propositions de mesures à court, long et moyen terme. Celle d’un péage urbain uniquement pour les poids lourds, modérés pour le traffic local, plus cher pour le transit est une mesure à long terme. Quoiqu’il en soit nous souhaitons la création : « d’un conseil citoyen melunais de la qualité de l’air » doté de moyens de fonctionnement et qui aura pour mission de définir les politiques à mettre en œuvre à court et moyen terme pour lutter contre la pollution de l’air à Melun.

#Melun, des voeux pour rien !

Vendredi soir, le maire de Melun présentait ses voeux à la population de notre ville. Rappelant qu’il avait fait de la sécurité la première des priorités de son mandat, il lui a consacré les trois quarts d’un discours ultra-sécuritaire. Pour dire quoi ?

Il a dressé un portrait catastrophique des quartiers populaires qu’il considère uniquement gangrénés par les trafics et la violence, ignorant complètement que ces quartiers sont aussi, et souvent bien plus que d’autres, des espaces de solidarité, de convivialité où des femmes et des hommes, parfois constitué.e.s en collectifs citoyens, s’engagent tous les jours dans la vie de leur quartier. On n’y compte plus les initiatives de soutien scolaire, d’aide au plus démuni-es, de sensibilisation à l’écologie, etc.

Il n’est pas question de nier les problèmes réels qu’y rencontrent les habitant.e.s mais de rétablir l’ordre des difficultés auxquelles elles et ils sont confronté.e.s. La très forte ségrégation qui marque l’espace social à Melun et fait de ces quartiers des espaces entièrement à part où personne ne va sinon quand on y vit, se double d’un taux de chômage qui n’a aucun équivalent ailleurs dans la ville. Les enfants, scolarisés dans des écoles qui concentrent tous les problèmes, rencontrent de multiples difficultés d’apprentissage et les habitant.e.s sont régulièrement exposés à toutes les formes de discrimination dans leur relation aux institutions publiques et sur le marché du travail.

Notre maire fait semblant d’ignorer que l’incivisme, les trafics illicites et la violence qui, faut-il le rappeler, restent des comportements ultra minoritaires bien que leurs conséquences soient souvent très graves, trouvent leur origine dans le traitement si particulier que la République française et singulièrement la ville de Melun réservent aux habitant.e.s des quartiers populaires. Augmenter, comme il le fait, le nombre de policiers municipaux (jusqu’à 50) pèsera très lourd sur le budget de Melun alors même que cette réponse uniquement répressive a mainte fois montré son inefficacité. De fait, elle empêche la mise en oeuvre de politiques de prévention, d’inclusion et de solidarité qui ont, au contraire, fait leur preuve.

Le deuxième axe de son discours, qu’il a présenté comme sa deuxième priorité, s’est concentré sur la propreté. Là encore, il n’a été question que de brigade verte et de verbalisation. Comme si le traitement des déchets ne méritait pas que Melun s’engage avec sa population dans une politique ambitieuse de réduction, de tri et de recyclage. Une politique menée par plusieurs municipalités en France et en Europe qui fonctionne et permet de créer des dizaines d’emplois locaux non délocalisables en plus de régler par l’implication citoyenne le problème des dépôts sauvages. Là encore, notre maire fait preuve d’une absence totale de vision politique, aveuglé par une conception uniquement répressive de l’ordre public où les citoyen.ne.s ne sont jamais que de potentiel.le.s fauteurs de trouble qu’il faut contrôler et, le cas échéant, punir. Il n’a même pas cité le travail remarquable accompli cet automne par une association d’habitant.e.s du quartier schuman pour sensibiliser les enfants, et par leur intermédiaire, les familles du quartier à la propreté et au tri.

M. Vogel a montré ce soir là qu’il partageait avec Javert, le policier des Misérables, la conviction qu’on ne peut pas faire confiance aux êtres humains et qu’à moins d’un système répressif et autoritaire, la société est vouée au chaos.

Les seuls éléments positifs de son discours portaient sur le développement d’un pôle universitaire à Melun qui devrait bientôt accueillir une faculté de médecine. Mais alors même que le maire reconnaissait que notre ville est asphyxiée par les voitures et que cela avait été le principal grief formulé par ses habitant.e.s lors de la consultation organisée par la municipalité sur les aménagements du centre ville, il a pourtant soutenue l’idée qu’il fallait un pont supplémentaire à Melun. Il sait, comme s’est le cas partout et à chaque fois, que ce troisième pont augmentera inéluctablement le trafic routier dans la ville et nous exposera encore davantage à la pollution atmosphérique. Il ne peut ignorer qu’une telle infrastructure, très chère, est à contre-courant de ce qu’il faudrait faire pour inventer à Melun la ville du futur. Mais M. Vogel n’a rien dit de la nécessité de développer à Melun des modes de transport alternatifs à la voiture, à commencer par des pistes cyclables. Il n’a fait qu’évoquer le TZen, projet pharaonique et extrêmement couteux dont le trajet continue de faire débat et qui ne répond que partiellement à la demande croissante de transports en commun efficaces. D’ailleurs, de développement durable et respectueux des humains et de notre environnement, il n’a jamais été question. Rien, non plus, sur le caractère encore rural des alentours de la ville qui permettrait de porter des projets innovants autour d’un développement agricole local qui fournirait travail et nourriture saine et meilleur marché aux melunais.e.s.

Bref, ce fut un discours pour rien sinon un discours rétrograde qui n’augure rien de bon pour notre ville et ses habitant.e.s. On aurait pu espérer que pour ses premiers voeux à la population, M. Vogel dessine un avenir enviable pour Melun, un avenir positif, fait d’humanité et de respect, d’ouverture sur le monde alentour, de générosité, d’altruisme et d’écologie pour le mieux être de tou.te.s et pour le développement économique de la ville dont, là encore, il n’a jamais été question.

Voir aussi : http://www.larepublique77.fr/2017/01/17/politique-apres-les-voeux-de-louis-vogel-le-coup-de-gueule-de-l-opposition/

L’Arlésienne du pont supplémentaire à Melun

A propos de l’Arlésienne du pont supplémentaire à #Melun dont on reparle depuis que Valérie Pécresse a donné cet exemple dans un rapport du conseil régional dit « anti-bouchon » (comprenez pro lobby automobile et anti-écologique) je rappelle ici la position des écologistes : les écologistes sont opposés à ce projet de pont supplémentaire depuis longtemps. C’est une mesure populiste qui augmentera le nombre d’engins motorisés dans la ville et ses alentours immédiats et augmentera la pollution atmosphérique. Notre problème est de trouver des alternatives aux moteurs thermiques et en particulier à la voiture individuelle. Toutes les villes du monde l’ont compris … sauf #Melun ?!! C’est une question de santé publique. Le problème ce n’est pas d’avoir des ponts et des voitures en plus, le problème c’est d’avoir des transports en commun, accessibles et efficaces, et plusieurs alternatives (pistes cyclables, trottoirs dignes de ce nom, etc…) pour avoir des ponts et des voitures en moins ! Et ce que couterait un pont serait bien mieux employé au développement de ces alternatives durables. C’est une question de justice environnementale mais aussi de justice sociale parce que celles et ceux qui auraient le plus à y gagner ce sont les personnes âgées et les enfants qui souffrent davantage de la pollution et les personnes qui se déplacent en transport en commun parce qu’elles n’ont pas les moyens d’avoir une voiture dont l’entretien coûte très cher.

Le projet est décidément très soutenu par la région et l’exécutif de droite soumettra au vote de la commission permanente du 16 novembre le rapport CP 16-634 intitulé « Plan local de déplacement de la communauté d’agglomération de Melun Val-de-Seine », lequel prévoit de financer des « études d’amélioration et de développement de l’offre de transport ». Les intentions déclarées ne peuvent nous laisser aucun doute sur le mode de transport qui sera privilégié, la voiture individuelle, à contre sens de tout ce qu’il faudrait faire à la fois pour des raisons écologiques et économiques.

Lire aussi : https://reporterre.net/Grande-distribution-et-voiture-individuelle-comment-la-France-a-tue-ses-villes

Radio : A MELUN, LE CHANGEMENT DE MAIRE « NE CHANGE PAS GRAND CHOSE »

Depuis près de 2 semaines, Melun est dirigé par un nouveau maire. Le 7 avril dernier, Louis Vogel prenait la place de Gérard Millet dont il était le premier adjoint. Une succession annoncée dés 2014 par les deux élus Les Républicains. Une page s’est donc tournée après les 14 ans de Gérard Millet à la tête de la ville, même si celui-ci est du coup devenu 1er adjoint. L’opposition elle se montre sceptique, en particulier l’écologiste Bénédicte Monville de Cecco qui ne voit pas vraiment de changement dans cette passation de pouvoirs.

Bénédicte Monville de Cecco interrogée par Brice Charrier.

http://www.radiorezo.fr/podcasts/a-melun%2C-le-changement-de-maire-%22ne-change-pas-grand-chose%22-468

Discours candidature B Monville-De Cecco à la mairie de Melun, le 7/04/2016

Ce discours a été prononcé à l’occasion de la démission du maire de Melun M. Gérard Millet lors du conseil municipal du jeudi 7 avril. 

Chers collègues, conseillères et conseillers municipaux.

J’ai l’honneur de me présenter devant vous à la candidature de maire de notre ville. Nous restons convaincus que le projet de la liste écologiste et citoyenne Bien Vivre A Melun que nous avons porté en 2014 est le seul capable de répondre aux nombreuses attentes de nos concitoyenNEs et aux enjeux que doit affronter notre ville.

Depuis plusieurs mois maintenant que notre conseil municipal siège et délibère sur les affaires de notre ville M Claude Bourquard et moi-même, souvent soutenus par l’ensemble de l’opposition, avons, avec un réel sens des responsabilités, présenté plusieurs voeux, défendus plusieurs amendements, portés d’innombrables arguments au débat pour essayer d’infléchir la politique dessinée par la majorité.

Malheureusement nous n’avons pas réussi à modifier l’orientation fondamentalement néolibérale et conservatrice de la politique menée. Cette politique idéologique est un échec et force est de constater que l’administration communale de droite depuis des dizaines d’années n’a pas réussi à préserver les citoyenNEs melunaisES des effets catastrophiques de la récession économique et des politiques de rigueur.

Et pourtant il est parfaitement possible de faire autrement et le projet que nous portons en constitue la preuve irréfutable.

Il est urgent de redonner du dynamisme économique à notre ville et dans une situation contrainte budgétairement cela ne peut passer que par l’inventivité et l’innovation. Nous développerons plusieurs projets qui en plus d’améliorer la qualité de vie des melunaises et des melunais augmenteront nos ressources et par voie de conséquence nos capacités d’investissement. Des choix qui, pour les grands projets structurants, nous amèneront à consulter les habitantEs de notre ville. Parce que nous croyons en l’intelligence collective et en la force d’une ville qui s’appuie sur une démocratie locale vivante. L’affectation de nos moyens financiers sera proportionnée à leur impact réel sur la qualité de vie des habitantEs.

Alors, plutôt que de vendre le moindre cm2 d’espace disponible dans notre ville à des promoteurs immobiliers afin de renflouer des caisses vidées par une gestion périlleuse dans une espèce de fuite en avant qui s’apparente à vouloir remplir le tonneau des danaïdes, nous développerons l’agriculture urbaine et de proximité. Nous encouragerons partout où c’est possible l’installation de jeunes agriculteurs et le développement d’AMAP. Nous leur garantirons des débouchés dans nos restaurants scolaires en reprenant leur gestion en régie publique. En contrepartie, ces activités nouvelles augmenteront l’assiette fiscale de notre ville, garantiront aux enfants de la ville une alimentation de qualité sans chimie et permettra à de nombreux melunaisES d’avoir accès à des fruits et des légumes biologiques à des prix raisonnables.

La ville que nous voulons est une ville innovante où les déchets seraient transformés en ressources à l’instar de ce qui se fait déjà dans plusieurs villes d’Europe et des Etats-Unis. Nous mettrons en place un plan zéro-déchets susceptible, si on en croit ce qui se passe ailleurs, de créer plusieurs dizaines d’emplois, des revenus nouveaux pour notre ville et nous favoriserons l’implantation d’entreprises innovantes comme la fabrication de bioplastique qui nécessite d’avoir accès à des biodéchets compostables.

Nous investirons dans la rénovation thermique du patrimoine immobilier de notre ville afin de créer des opportunités nouvelles pour les entrepreneurs du bâtiment tout en nous permettant à terme de dégager d’importantes économies de fonctionnement qui pourraient être réinvesties ailleurs.

Nous nous attaquerons au fléau que représente l’augmentation constante de la circulation automobile. Un fléau pour notre santé à touTEs et qui rend la ville dangereuse en particulier pour nos jeunes, nos personnes âgées et nos concitoyenNEs handicapéEs. Rien ne coûte moins cher à une ville que de développer un réseau cyclable et des espaces dédiés à la marche à pied qui changent du tout au tout son atmosphère. Aujourd’hui, dans de nombreuses villes d’Europe 30% des déplacements se font en vélo, l’encouragement à la marche et la construction de voies réservées pour les bus afin d’encourager les déplacements en transport en commun viendront compléter le dispositif. Tout le monde s’accorde à dire que non seulement nous vivons mieux dans des villes qui mettent en place une vraie politique favorable aux mobilités douces mais nous sommes en meilleure santé et les rapports sociaux sont vivifiés.

Le Melun que nous voulons ne bradera pas sa place Praslin à une multinationale vendeuse de places de parking ou à des promoteurs immobiliers. Au contraire nous en ferons un des centres névralgiques de la ville une belle place publique ouverte sur les bords de Seine, bordée de cafés, de commerces de proximité, une place accueillante pour les étudiantEs de l’université qui sont déjà là et celles et ceux que nous nous apprêtons à recevoir. Une place où les melunaisES pourraient flâner, se croiser, parler, les enfants jouer, bref une place où nous pourrions profiter de notre ville.

Nous construirons une véritable régie publique de l’eau. Il est inadmissible que nous permettions à une des plus grandes multinationales de l’eau dont les bénéfices ont bondi de 50% en 2014 passant à 151 millions d’euros, contre 100 millions d’euros sur la même période l’an dernier et qui verse à ses actionnaires des dividendes qui augmentent de 10% par an. L’eau est un bien commun, nous devons préserver cette ressource indispensable à nos vies et faire en sorte qu’elle soit accessible à touTEs.

Car la ville que nous voulons est une ville solidaire où le prix de l’ensemble des services municipaux sera calculé en fonction du quotient familiale de façon à permettre à touTEs les melunaisES d’avoir accès à tous les services.

L’éducation et la culture seront également des axes centraux de notre politique et en plus de permettre l’implantation sur notre ville d’une école innovante sur le plan pédagogique en partenariat avec l’éducation nationale, de soutenir avec opiniâtreté le travail de nos professeurEs des écoles et de nos directrices et directeurs d’école, nous impulserons un festival des arts de rue et confierons la gestion du cinéma de notre ville, aujourd’hui remunicipalisé, à une association à but non lucratif qui développera une politique ambitieuse d’accès et d’éducation au cinéma.

Bref, nous transformerons Melun en une ville, bien différente du Melun actuel, avant tout organisée pour favoriser la qualité de vie de touTEs ses habitantEs : un environnement sans pollutions, une alimentation saine, des transports fréquents et rapides, des espaces urbains à vivre, des services publics de qualité et accessibles à touTEs. Dès maintenant nous devons engager Melun dans la transition écologique et sociale, dans la réappropriation des biens communs par les citoyennes et les citoyens et la promotion d’une citoyenneté active de chacun quelles que soient ses origines et son statut.

Je vous remercie.

Tribune de membres de Bien Vivre à Melun, habitant-e-s du quartier Schuman

Selon le Protocole de Préfiguration (version projet) ayant pour objet le NPNRU (ANRU2) élaboré par la Communauté d’Agglomération Melun-Val de Seine présenté et lu par la majorité lors de la séance du Conseil Municipal du jeudi 25 juin 2015  le quartier Schuman serait un lieu plutôt calme où l’activité professionnelle des habitant-e-s est importante et les habitant-e-s solidaires… Mais, car il y a toujours  un Mais !, « cependant ce relatif isolement a généré en parallèle un esprit revendicatif affirmé tout en favorisant un forme de phénomène d’autogestion qui peut être compliqué à appréhender. »

De qui parle-t-on ? De ces bénévoles ; femmes et hommes qui donnent gratuitement de leur temps et de leur énergie pour tenter d’ améliorer le quotidien de leurs semblables, de prévenir  la délinquance dans leur quartier, depuis des années ces habitant-e-s viennent combler la disparition des travailleurs sociaux de terrain, ils-elles ont créé leurs associations, qui  jouent un rôle essentiel d’intermédiaire entre les bailleurs et les locataires et se sont toujours tenues à disposition de l’équipe du maire pour calmer les tensions et régler les litiges  (voir les art. du  Parisien du 20 nov 2008, du 27 fév.2005 )

Le Protocole de Préfiguration d’ « autogestion » un mot largement associé aux valeurs de solidarité, d’entraide, d’éthique et dévouement mutuel. Oui ! nous fonctionnons comme on peut avec les moyens du bord, animé-e-s par ces valeurs, puisque toute demande de notre part est rejetée faute de budget.

Ces associations, à l’initiative d’actions citoyennes (sensibilisation à la prévention routière…), ont toujours eu le respect de proposer à ceux qu’elles considèrent comme leurs partenaires, Mr Le Maire et son équipe, de se joindre à elles. Elles participent activement à toutes les actions citoyennes et solidaires qui leurs sont proposées ; participation aux téléthons, aux lotos solidaires pour lever des fonds pour les écoles, au dialogue entre le collège et les parents. Partenariat avec le service jeunesse (création d’une équipe de foot… )

Il a été choisi d’utiliser l’adjectif revendicatif pour qualifier les doléances légitimes des habitants, il aurait été plus juste d’utiliser le terme CITOYEN.

Il est vrai que tout ce qui a été obtenu l’a été au prix de négociations et de résistance. Comment a-t-on obtenu la rénovation du service jeunesse ? La construction d’un espace pour accueillir le Centre Social essentiel pour l’aide aux familles dans le besoin ? La rénovation du gymnase ?  

Cela fait des années que nous réclamons la rénovation des toilettes de l’école Jean-bonis. Nos enfants se retiennent d’aller faire leurs besoins et sont sujet à des infections urinaires… Cependant, nous ne nous sommes jamais invités au Conseil Municipal comme l’on fait les parents d’élèves de l’école Pasteur en février (article Parisien du 12 fév.2011). Comme nous n’avons jamais rédigé une lettre ouverte dans laquelle des habitants exigent légitiment l’extension de leur école car l’argument économique n’est pas recevable lorsque le bien-être de nos enfants est en jeu ! Ces électeurs-trices ont su se faire entendre et ont eu gain de cause (art. Parisien du 21 mars 2009)

«Les esprits revendicatifs» n’existent pas seulement à Schuman ! Il y a aussi les opposants au tracé du futur TZEN2, les habitants de la Place Praslin. C’est un droit de ne pas être d’accord et d’exiger une concertation !

Quel paradoxe ?  On nous reproche notre investissement, qu’on caricature en le qualifiant « d’esprit revendicatif » alors même que Monsieur Le Préfet Jean-luc Marx au nom du gouvernement et Monsieur Louis Vogel Président de la Communauté d’Agglomération Melun-Val de Seine écrivent et signent dans le guide du Conseiller Citoyen que la participation des Citoyens est essentielle à la réussite de la politique de la ville dans nos quartiers, l’expression des habitant-e-s et des usagers doit être favorisée. C’est désolant !

Le sentiment d’appartenance au quartier Schuman est très fort et notre quartier a beaucoup de potentiel. Il est enclavé mais pas isolé et c’est un quartier équipé comme les autres. Mais nos équipements ne sont pas valorisés. Nous regrettons qu’avec les années, malgré un enseignement de qualité et un climat serein dans nos écoles, beaucoup de familles de gendarmes et de pompiers aient préféré demander des dérogations pour inscrire leurs enfants dans les écoles des communes limitrophes (Cesson, Vert-St-Denis). Les écoles de notre quartier sont victimes des « clichés » que véhicule justement ce document et qui font tant de mal à la cohésion sociale. Alors même que celles et ceux qui l’ont rédigé prétendent travailler pour améliorer le vivre ensemble.

Le Protocole insiste sur la fragilité des fondations des immeubles TMH pour déjà affirmer qu’aucune réhabilitation ne peut être possible. Si le bâti est si dangereux, pourquoi aucune déclaration de mise en péril imminent n’a été faite ? Avec suspension des paiements des loyers et relogement en urgence des locataires. Cette affirmation repose-t-elle sur une expertise des lieux ? Pourquoi demander l’avis des habitant-e-s si le projet  d’une démolition est déjà faite ? Si tous les immeubles TMH sont démolis, il sera aussi décidé de détruire les écoles… Schuman disparaîtra !

La démolition d’immeubles n’est pas condamnable en soit mais, avoir comme priorité de tout raser, non ! Il existe d’autres solutions et la réhabilitation en est une, souvent moins coûteuse.

La situation périurbaine de Schuman intéresse la promotion immobilière privée. D’ailleurs le protocole insiste sur le potentiel foncier d’ampleur du secteur avec la disparition d’une partie de l’emprise de la gendarmerie, la présence du terrain de rugby et des potentielles démolitions. N’oublions pas la proximité du futur hôpital, le TZEN2, etc.

En espérant que la concentration des moyens financiers par l’ANRU n’empêchera pas la municipalité de rechercher des solutions alternatives à la démolition. Nous savons que les maires sont tentés de favoriser les démolitions pour obtenir des financements.

La Rénovation urbaine  n’est pas qu’un projet de bâtisseurs, mais surtout un programme pour les gens qui vivent dans ces quartiers, les habitant-e-s concernés attendent une véritable concertation, ils-elles veulent être considéré-e-s comme des partenaires dans l’élaboration de choix qui les concernent. Les Schumanais sont là, avec leur histoire, liée à celle de leur quartier, en bien et en mal. La transformation du quartier doit se faire de manière progressive, en évitant la « table rase », en recomposant les choses à partir de l’existant, on doit traiter les habitants de Schuman comme des citoyens, à l’égal des autres.

Démolir implique de reconstruire au moins autant de logements et de les intégrer dans des quartiers de qualité, ce qui nécessite des investissements publics.

Il ne faut pas sous prétexte de mixité sociale, exclure et réduire le nombre de logement sociaux, les démolitions n’aboutissent pas à la mixité sociale souhaitée mais, au contraire, à la reconcentration des ménages pauvres soit dans les parties non démolies des quartiers en rénovation, soit dans des quartiers aussi défavorisés que ceux qu’on les oblige à quitter (exemple ANRU 1 Montaigu, Gaston-Tunc…). Et les logements neufs proposés sont hors de prix.

S’il peut être acceptable, dans certains cas de procéder à des démolitions très partielles, cela ne saurait se faire sans l’accord des premier-e-s intéressé-e-s, à savoir les habitant-e-s et à condition que le déménagement soit pour eux une amélioration de leurs conditions de vie.

Place Praslin (suites)

On y parle de l’influence de la façon de construire les villes sur l’augmentation de la température. Entre autres, bâtir en bord des cours d’eau empêche l’air frais de circuler, de même que des voies de circulation étroites. On y apprend aussi que tout bétonner ne permet pas à la température de baisser la nuit : la chaleur qui émane des bâtiments est réverbérée sur les constructions voisines et ne s’échappe pas vers le ciel. Alors qu’au contraire, plus il y a d’arbres et de verdure, plus il y a d’évaporation d’eau et plus cela rafraîchit l’air des villes. En plus, il paraît que cela va dans le sens de ce que veulent les citadins pour leurs villes !
Et tout ceci vient de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France.
Ce sont des arguments essentiels et même si leur poids sera relativisé par les arguments économico-libéraux que nous apposera la majorité municipale (ça fait marcher le BTP, ça crée de l’emploi, ça permet d’engranger des recettes supplémentaires-droits de mutation) il va falloir nous battre pour montrer que leur vision est à terme condamnée par des nécessités bien plus impérieuses que l’argent et la création d’emplois transitoires.

 

Pourquoi nous soutenons le collectif de défense de la place Praslin

La reprise du projet immobilier sur la Place Praslin est un vrai scandale. Un scandale sur le plan urbanistique d’abord. Qu’est-ce qu’une ville ? Un dortoir de béton ou un lieu de vie que le maire s’emploie à améliorer pour ses habitants. Il faut un jardin public Place Praslin ouvert sur la seine et au coeur de la ville. Un grand jardin où pourraient se côtoyer tou-te-s les melunais-e-s et un espace vert supplémentaire dans une ville qui souffre de la pollution atmosphérique. Un grand jardin qu’on pourrait même imaginer bordé de cafés et de commerces, en bord de Seine, avec ses quelques jolies façades. La ville serait plus belle et attractive, ne croyez-vous pas ? Au lieu de cela, le maire vend notre cadre de vie à un promoteur immobilier qui érigera un immeuble de plusieurs étages sur la quasi totalité de la surface de la place avec, en sous-sol, un parking de deux étages, cuvelé. Comme la cale d’un bateau !

Ce projet est un scandale écologique. La densification de la population sur l’île va intensifier le trafic routier. Cela engendrera davantage d’encombrement et de pollution atmosphérique en centre ville. De plus, l’île Saint-Étienne est fragile, la forme qu’elle a aujourd’hui ne date que du 19ème siècle (une partie de son terrain a été remblayé à cette époque là). Le maire joue aux apprentis sorcier en engageant des travaux d’une telle ampleur. Il pense être plus fort que la nature. Mais à long terme, le réchauffement climatique et la pénurie de matières premières et de bien aussi essentiel que l’eau, montrent que le maire se trompe. À force de vouloir plier la nature à leur volonté de profit, avec la bénédiction des politiques parfois, ceux qui ont le pouvoir économique n’ont fait que l’abîmer, la dérégler au point que notre destin à tou-te-s est aujourd’hui compromis.

Ensuite, ce projet immobilier est un scandale financier. Parce que le maire, si le projet venait à exécution, ne réaliserait cette opération que pour des raisons financières de courts termes : il espère renflouer une petite partie des dettes contractées par son administration tout en honorant le contrat qui lie la ville à Vinci Park. Un étage du parking construit en sous-sol sera concédé en gestion à Vinci au titre du contrat que nous avons avec cette multinationale pour le parking de surface qui existe aujourd’hui Place Praslin. D’autre part, ce projet augmentera le nombre d’usagers des services publics. Or nous savons que les cantines scolaires sont saturées malgré, là encore, la délégation de service public concédée à Elior, une autre des multinationales qui « gère » la ville de Melun.

Enfin, c’est un projet injuste. Au prétexte de vouloir encourager l’arrivée d’une classe moyenne plutôt aisée en centre ville on renforce la ségrégation dans la ville en empêchant les classes populaires de pouvoir y accéder au logement. Si nous voulons favoriser la mixité sociale il faut au contraire décloisonner la ville. Et, par exemple, penser l’aménagement d’espaces dans la ville qui soient véritablement des espaces de rencontre, de vrais espaces publics pour tou-te-s les Article Rép' 08.06habitant-e-s. La place Praslin serait un très bel espace de ce point de vue, au coeur de la ville.

Bénédicte Monville-De Cecco et Claude Bourquard