La région IDF

Stratégie régionale pour la forêt et le bois 2018-2021, Intervention Bénédicte Monville-De Cecco

Séance plénière du conseil régional des 23 et 24 novembre 2017

Rapport CR 2017-185 : Stratégie régionale pour la forêt et le bois 2018-2021

Intervention Bénédicte Monville-De Cecco
Groupe AES (Alternative écologiste et sociale)

Monsieur le président, Madame la vice-présidente, Mesdames et messieurs les élu.es,

Ce rapport qui énonce la stratégie régionale pour la forêt et le bois part d’un constat que nous partageons. La forêt qui s’étend aujourd’hui sur 1/3 du territoire national et 1/4 du territoire francilien et compte quelques 126 espèces d’arbres constitue un formidable trésor. Pour autant, le défaut d’une politique industrielle concertée explique que la filière hexagonale de gestion de la forêt représente 12% du déficit commercial de notre pays et qu’elle ait inexorablement perdu au plan national des dizaines de milliers d’emplois depuis trente ans.

Parmi les raisons qui expliquent cette situation, votre rapport souligne les difficultés liées à l’émiettement de la forêt entre une multitude de propriétaires privés, sa sous- exploitation mais aussi et c’est à mon avis un point sur lequel votre rapport n’insiste pas assez la vente directe de bois brut sur un marché mondialisé qui a détruit la filière des scieries. Notre pays comptait 7000 scieries en 1970, il n’en reste que 1600 sur le territoire nationale et, à en croire votre rapport, une seule en IDF. La mondialisation a abouti à la destruction d’une filière en circuit court qui existait jusque dans les années 70. Et, à une perte de la culture du bois de la part d’industriels qui n’avaient plus à se soucier de gestion forestière. Car, au contraire de l’Allemagne ou du Gabon, la France n’a pas interdit l’exportation de grumes ou troncs bruts non sciés. De ce point de vue, nous regrettons que vous ne vous engagiez pas à porter l’exigence d’une nouvelle réglementation en ce sens. Tout comme vous ne proposez aucune solution à l’éparpillement de sa propriété et aux difficultés de gestion que cela induit.

Nous partageons votre souci de replacer la forêt au cœur de la stratégie de développement de notre région en créant les conditions du développement d’une filière forêt-bois à l’échelle régionale et interrégionale. Nous avons bien noté aussi la reconnaissance des services écologiques que rend la forêt à notre écosystème entre autre en absorbant et, par conséquent, en limitant nos émissions de CO2.

Cependant, votre rapport fait l’impasse sur au moins deux dangers immédiats qui menacent la forêt et par conséquent toute politique industrielle sylvicole.
D’une part, si la filière que vous souhaitez dynamiser peut se trouver renforcée par le développement de la construction en bois et l’incitation à l’usage du bois comme source d’énergie renouvelable, elle se trouvera immanquablement fragiliser par le doublement de la production mondiale de bois d’ici à 2050. Sans une intervention politique qui vise à la protection des circuits courts, plutôt que de continuer à s’en remettre à la main invisible du marché, l’accroissement de la concurrence internationale fragilisera une filière et des conditions sociales déjà insatisfaisantes. Vous n’en faites aucun cas.

D’autre part, il faut attendre l’action n°11 et la p.33 sur 35 de votre rapport pour qu’apparaisse le souci de la préservation de la ressource et que vous parliez enfin, je cite : « de renouvellement de peuplements forestiers voire de création d’espace forestier ». Mais votre rapport ne fixe aucune limite à l’urbanisation de notre région qui, proportionnellement, compte déjà moins de surface boisée que le territoire national. Au contraire, vous encouragez par exemple la construction d’une autoroute qui traversera de part en part le bois de Bréviande en Seine et Marne et portera un coup terrible aux services sociaux et environnementaux qu’il rend aux habitant.es de notre région.

En outre, la forêt est fragilisée par sa vulnérabilité face au changement climatique. Votre rapport n’en parle pas du tout. Au risque d’une gestion de court terme qui envisage essentiellement la forêt comme une réserve de bois ou un puits de carbone et ignore que la forêt est un écosystème complexe dont la préservation passe par la conservation des ressources génétiques et de la biodiversité forestière.
La forêt française, telle que nous la connaissons aujourd’hui est le résultat d’une politique volontariste initiée par Colbert en 1663 qui voulait assurer l’indépendance de la fourniture en bois de la flotte royale. En 2017, le réchauffement climatique, des émissions de CO2 reparties à la hausse, la mondialisation des marchés non régulés auraient dû vous dicter des mesures contraignantes dans la sanctuarisation des bois et forêts d’IDF, de protection des ressources génétiques et de la biodiversité des forêts et des actions qui visent à la protection sur le long terme de la filière industrielle locale que vous souhaitez dynamiser avec le présent rapport.

Si nous sommes favorables à votre rapport, si nous en partageons le constat et les objectifs, nous pensons, qu’il ne se donne pas les moyens de son ambition. Nous espérons qu’il ne s’agira pas seulement d’une stratégie de communication et que vous saurez entendre les manques qui le caractérisent.

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Nemours. Un rapport et des pistes pour mieux faire face aux inondations

par Sylvain Deleuze
12 avril 2017, 12h20 | MAJ : 12 avril 2017, 19h50

« Ce rapport est complet. Cela va de l’alerte en amont, la crise et l’après, les conséquences, salue Valérie Lacroute, la députée et maire (LR) de Nemours, qui a « longuement étudié » le rapport présenté par la ministre Ségolène Royale (PS), le mois dernier, sur les inondations du printemps 2016. Les intempéries ont très lourdement touché le département, notamment autour de Nemours et Moret-sur-Loing.

Bénédicte Monville-De Cecco, conseillère régionale d’Ile-de-France (groupe EELV) et conseillère municipale d’opposition à Melun, est plus mitigée. « Nous savons comment gérer la crise, même si le rapport pointe des choses à améliorer, mais rien n’est prévu sur le long terme. Ce rapport confirme aussi que ces inondations sont dues à des pluies exceptionnelles. Malheureusement, cela risque de se reproduire avec le réchauffement climatique. »

« Quelque chose de schizophrénique »

Valérie Lacroute préconise que « les services de l’État mettent en œuvre les recommandations et non les petites communes ». La députée réclame en outre une réorganisation complète des syndicats des rivières, pour avoir une meilleure réactivité face à la montée des eaux. « Dans une deuxième phase, nous devons nous mettre en lien avec le département du Loiret. J’ai compris que nous allions être inondés quand j’ai vu Montargis sous les eaux », explique-t-elle, consciente de la difficulté de la tâche. « On doit revoir notre façon de nous implanter, notamment dans des zones inondables. Les constructions imperméabilisent les sols. L’eau ne va donc plus dans les nappes phréatiques mais dans les fleuves », dénonce, effarée, Bénédicte Monville-De Cecco.

Autre élément à développer, la communication. La transmission des informations émanant de la préfecture doit être plus directe, selon l’élue LR. « C’est très bien que les messages importants arrivent sur nos portables », apprécie Valérie Lacroute. « On est dans quelque chose de schizophrénique, juge l’élue écologique. On peut faire tous les rapports que l’on veut mais si l’on continue à se développer de la même manière, cela se reproduira. »

leparisien.fr

http://m.leparisien.fr/nemours-77140/nemours-un-rapport-et-des-pistes-pour-mieux-faire-face-aux-inondations-12-04-2017-6847902.php

Melun Val-de-Seine. Le plan anti-bouchon de la région booste le contournement

Sophie Bordier
12 mars 2017, 12h30 | MAJ : 13 mars 2017, 17h02
« Ce plan est ultra-rétrograde » selon Bénédicte Monville De Cecco (EELV), conseillère régionale et élue d’opposition à Melun « car il réinstalle la voiture au centre des mobilités. Or, plus il y a de voies, plus il y aura de véhicules. Cela va augmenter la pollution atmosphérique car le trafic routier représente 25% de cette pollution. »
Pour lire l’ensemble de l’article

L’Arlésienne du pont supplémentaire à Melun

A propos de l’Arlésienne du pont supplémentaire à #Melun dont on reparle depuis que Valérie Pécresse a donné cet exemple dans un rapport du conseil régional dit « anti-bouchon » (comprenez pro lobby automobile et anti-écologique) je rappelle ici la position des écologistes : les écologistes sont opposés à ce projet de pont supplémentaire depuis longtemps. C’est une mesure populiste qui augmentera le nombre d’engins motorisés dans la ville et ses alentours immédiats et augmentera la pollution atmosphérique. Notre problème est de trouver des alternatives aux moteurs thermiques et en particulier à la voiture individuelle. Toutes les villes du monde l’ont compris … sauf #Melun ?!! C’est une question de santé publique. Le problème ce n’est pas d’avoir des ponts et des voitures en plus, le problème c’est d’avoir des transports en commun, accessibles et efficaces, et plusieurs alternatives (pistes cyclables, trottoirs dignes de ce nom, etc…) pour avoir des ponts et des voitures en moins ! Et ce que couterait un pont serait bien mieux employé au développement de ces alternatives durables. C’est une question de justice environnementale mais aussi de justice sociale parce que celles et ceux qui auraient le plus à y gagner ce sont les personnes âgées et les enfants qui souffrent davantage de la pollution et les personnes qui se déplacent en transport en commun parce qu’elles n’ont pas les moyens d’avoir une voiture dont l’entretien coûte très cher.

Le projet est décidément très soutenu par la région et l’exécutif de droite soumettra au vote de la commission permanente du 16 novembre le rapport CP 16-634 intitulé « Plan local de déplacement de la communauté d’agglomération de Melun Val-de-Seine », lequel prévoit de financer des « études d’amélioration et de développement de l’offre de transport ». Les intentions déclarées ne peuvent nous laisser aucun doute sur le mode de transport qui sera privilégié, la voiture individuelle, à contre sens de tout ce qu’il faudrait faire à la fois pour des raisons écologiques et économiques.

Lire aussi : https://reporterre.net/Grande-distribution-et-voiture-individuelle-comment-la-France-a-tue-ses-villes

Le #lycée de Valérie #Pécresse : l’argent et l’ordre

Par Bénédicte Monville-De Cecco, Conseillère régionale d’Île de France (groupe EELV&A)

Article publié sur Mediapart le 3 juin 2016 : https://blogs.mediapart.fr/benedicte-monville/blog/030616/le-lycee-de-valerie-pecresse-l-argent-et-l-ordre

Globalement, le projet de Valérie Pécresse pour l’école oscille entre deux positions contradictoires et pourtant également réactionnaires : la restriction des libertés politiques et individuelles des élèves et la libéralisation économique. En clair : le bâton pour les élèves, la permission pour les entrepreneurs privés de l’éducation.

Ce projet est adossé à une vision de l’éducation qui n’est pas seulement néolibérale de manière caricaturale, elle est aussi aristocratique puisque les propositions faites réintroduisent le privilège de la fortune. L’éducation n’est plus un outil d’émancipation, elle est un marché potentiel, un réservoir de main d’oeuvre utilement formée au plus près des entreprises et un lieu de sélection des « meilleurs » dont on s’assure qu’elles et ils seront aussi, dans leur grande majorité, issu.e.s des classes les plus privilégiées.

L’argent

Dans un rapport d’une hypocrisie confondante, la majorité régionale prétend vouloir instituer une égalité de traitement entre les élèves des lycées privés et publics. Aussi, réintroduit-elle l’ensemble des financements non obligatoires en faveur de l’école privée (!) : aide à la demi-pension, manuels scolaires gratuits, aide à la « sécurisation des établissements », aide pour les frais de concours, etc. Et ce, alors même que l’Etat assure déjà la majorité du financement des établissements privés sous contrat à travers la rémunération de leur personnel enseignant.

La majorité déclare vouloir permettre aux familles de « faire le choix de l’école privée ». En réalité, elle encourage les stratégies familiales d’évitement de l’école publique quand cette dernière se révèle incapable, faute de moyens, de remplir correctement ses missions pédagogiques. Car ne nous y trompons pas, il ne s’agit pas de donner de l’argent aux lycées privés en maintenant le budget consacré aux lycées publics, mais de diminuer drastiquement les moyens du public en les détournant vers le privé. Cette politique de soutien appuyé à l’école privée accentuera les inégalités de traitement entre les élèves du public et du privé. Elle contredit le projet révolutionnaire d’une instruction publique qu’en septembre 1789, Talleyrand dans un discours à l’Assemblée Nationale qualifiait justement de bien commun : « Nul ne peut en être légitimement exclu et celui-là qui a le moins de propriétés privées semble même avoir un droit de plus pour participer à cette propriété commune ».

La plupart des familles modestes continueront de fréquenter l’école publique mais une école rendue incapable de remplir correctement ses missions d’instruction et d’éducation. Car quel choix auront ces familles dont la majorité n’a ni capital social ni capital économique ? Et, est-il souhaitable de substituer progressivement au service public d’éducation, laïc, gratuit et ouvert à tou-te-s, un service payant, majoritairement non laïc et qui sélectionne les jeunes qu’il accueille.

Cette entreprise de remise en cause du service public de l’éducation par sa privatisation progressive se poursuit à travers l’externalisation de la prise en charge du décrochage et des difficultés scolaires vers le secteur privé. Ainsi, pour lutter contre le premier, la majorité  propose de travailler avec les acteurs de l’insertion sociale et professionnelle des jeunes sans préciser à quel modèle économique, lucratif ou non, ils pourront appartenir. Il y a fort à craindre que bientôt les nombreuses associations qui font un excellent travail se retrouvent concurrencées par des vendeurs de cours privés. Elle souhaite aussi moderniser et professionnaliser le suivi des jeunes « décrocheurs » en confiant, par exemple, à un prestataire de service privé les appels téléphoniques de premier contact. Que les centres téléphoniques soient souvent de très mauvais exemples en matière de gestion du personnel voire de dumping social n’a pas l’air de déranger la majorité régionale. En outre, elle institue des tutorat et études dirigées qui pourront être effectués par des retraités ou salariés. Le chef d’établissement qui gèrera dorénavant un budget « autonomie » avec un volet « ressources humaines » est ainsi transformé en chef d’entreprise. Une manière d’augmenter la part des emplois de service précaires mal rémunérés et mal encadrés au sein même des lycées publics.

De plus, après avoir amputé le budget de fonctionnement de 110 millions d’euros pour la rénovation et de 19 millions pour les grosses réparations, la nouvelle majorité entend palier à l’état de vétusté de certains lycées en mobilisant « des recettes nouvelles » pour répondre au « double défi de la qualité et de la rapidité ». Ce discours managérial est à l’unisson de la volonté qui l’accompagne : faire de la construction et de l’entretien des lycées une occasion de profit pour l’économie capitaliste en valorisant le « foncier lycée disponible » et en recourant à « des marchés de partenariat » (entendez PPP-Partenariats Public Privé). Dans le premier cas, la nouvelle majorité pourra – c’est d’ailleurs l’exemple qui nous a été donné en commission – vendre le parc d’un lycée au mépris de son intérêt écologique et éducatif pour payer les travaux de sa rénovation. Dans le second cas, elle passera outre les recommandations de la cour des compte (2015) et de la commission des lois du Sénat qui, en 2014, qualifiait ces PPP de « bombes à retardement ».

Non seulement, la majorité régionale attaque l’école publique en détournant l’argent dont elle a cruellement besoin vers les entrepreneurs de l’éducation mais elle l’intègre partout où c’est possible au système économique capitaliste et une part du personnel des établissements sera dorénavant soumis à une relation de subordination salariale directe vis à vis du chef d’établissement.

Ce faisant, la majorité régionale sous-entend que l’école publique serait incapable de régler les problèmes auxquels elle est confrontée. Car il ne s’agit pas seulement de concrétiser la promesse de rendements formidables dans un secteur de l’éducation enfin privatisé, il faut attaquer le projet d’émancipation qui est au fondement du service public de l’éducation, mettre un terme à l’idéal que dessinait en creux Condorcet en avril 1792 : « Tant qu’il y aura des hommes qui n’obéiront pas à leur raison seule (…), le genre humain restera partagé en deux classes : celles des hommes qui raisonnent et celles des hommes qui croient, celle des maîtres et celle des esclaves ».

L’ordre

C’est ainsi, en effet, qu’il convient d’envisager toute une série de mesures qui contreviennent à l’idée libérale, au plan politique cette fois, forgée, en Occident, dans l’humanisme et poursuivie dans les Lumières que l’être humain instruit est capable de gouverner sa propre destinée.

La consommation de drogue ou d’alcool est réduite à ses formes pathologiques et addictives et les lycéen.ne.s consommateurs uniquement perçu.e.s comme des malades délinquant.e.s qu’il s’agit d’identifier en les soumettant à des « tests salivaires », de soigner et/ou de poursuivre. Une vision puritaine inepte qui mélange tout : consommation raisonnée, addiction, traffic de stupéfiants, échec scolaire et aboutit à une gestion simpliste, bêtement répressive qui a malheureusement plusieurs fois montré son impéritie. D’ailleurs le CRIPS (Centre régional d’information et de prévention du sida) Île de France dont les missions ont été élargies à l’ensemble des comportements à risque et qui fait pourtant un excellent travail de prévention, voit son budget rogné.

Le tutorat est dévoyé et cesse d’être une relation pédagogique fondée sur l’échange réciproque entre pairs pour développer la capacité des uns et des autres à transmettre et approfondir leurs connaissances.

L’échec scolaire est naturalisé et la majorité régionale de droite parle d’« orientation non adaptée au potentiel de l’élève ». On craint le pire quand on lit qu’il s’agira d’« améliorer le travail sur l’orientation ». De quoi parle-t-elle, d’accompagnement ou de suggestion, d’éclairer les lycéen.ne.s sur les choix qui s’offrent à eux ou de les persuader que l’orientation qu’elles-ils ont choisie ou s’apprêtent à choisir est inadaptée à leur potentiel ?

C’est tellement plus commode que de reconnaitre sa responsabilité dans la promotion d’un système scolaire qui vise essentiellement à objectiver l’éviction des classes populaires de l’école et à perpétuer, sous couvert de mérite, la domination bourgeoise.

Car c’est bien ce que fait la majorité régionale de droite tout en prétendant lutter en faveur de l’insertion des élèves sur le marché du travail. Elle institue les bourses au mérite et aides aux frais de concours et, ce faisant, participe à la survalorisation des diplômes alors même que c’est un facteur d’inégalité et une des causes du déclassement systématique des jeunes les moins diplômés qui sont aussi le plus souvent issu.e.s des classes populaire ou moyenne inférieure. Bien sûr, ces mesures veulent aussi encourager les exceptions qui serviront de caution objective, de signe imparable que notre système fonctionne quand il est en réalité violemment élitiste.

Tout comme elle s’emploie à dissimuler la principale raison du décrochage scolaire. Il n’est quasiment jamais question des inégalités sociales et culturelles. Pourtant, comme le dit la sociologue de l’éducation Marie Dubu-Bellat : « Dans une société plus égale, où les familles auraient des conditions de vie plus égales et un niveau d’instruction plus égal, il y aurait moins d’échec scolaire. » Mais la majorité régionale de droite se fiche pas mal de la réalité. Que la voie professionnelle soit la plus touchée par le décrochage n’évoque rien pour elle et elle ignore tout des raisons évidentes qui peuvent détourner les familles du choix d’une orientation professionnelle et d’emplois surreprésentés dans les catégories : mauvaises conditions de travail (même plus compensées par des droits sociaux plus avantageux), très faibles salaires, espérance de vie inférieure, déconsidération, etc.

Cette vision conservatrice de l’éducation qui ignore que l’école est d’abord un instrument d’émancipation des individu.e.s est manifeste quand la majorité décide d’encourager les partenariats entre l’école et l’entreprise pour permettre aux lycéen.ne.s d’acquérir « les codes du monde de l’entreprise, la connaissance et la compréhension de son fonctionnement » et propose  même de soutenir les initiatives visant à familiariser les professeurs avec le monde de l’entreprise. On pense en particulier aux enseignant.e.s de SES (Sciences Economiques et Sociales), d’histoire ou de lettres, devenu.e.s tout à coup incapables de satisfaire à l’enseignement de ces connaissances nécessaires. On se dit que bientôt les cours seront dispensés directement en entreprise, en immersion totale. L’entreprenariat comme réalisation ultime de l’individu. Le cauchemar d’Aldoux Huxley dans Le meilleur des mondes, le vrai conditionnement enfin réalisé : la réduction de l’éducation à une forme d’insertion professionnelle.

Le mépris grossier de la majorité pour les enseignant.e.s reflète un anti-intellectualisme présent, également, dans ses propositions pour lutter contre le terrorisme : des conférences de témoins directs « qui ont vécu dans leur chair le terrorisme ». Aussi importants que soient ces témoignages, en évinçant là encore les enseignant.e.s et le travail réflexif, on choisit l’édification par la sidération, le « choc émotionnel » (ce sont les mots de Valérie Pécresse) et la disqualification de la connaissance et de l’intelligence comme moyens d’appréhension du réel. Sinon, pourquoi dans le même temps diminuer drastiquement les subventions des associations de quartiers ou de lutte contre les discriminations et, dans les lycées, le budget qui y est consacré ? Pourtant, la distance face à l’évènement, en particulier quand il atteint un tel niveau de violence et une dimension historique, est une condition de la réflexivité critique. Le temps long est indispensable pour approcher la complexité d’un tel phénomène et il est urgent de comprendre les causes à la fois structurelles et conjoncturelles qui peuvent pousser des groupes d’individus mais aussi, parfois, des Etats à recourir au terrorisme. Là encore l’intelligence individuelle et les lycéen.ne.s sont rabaissé.e.s.

En réalité l’école ne peut ni ne doit répondre à ces injonctions libérales à moins de renoncer au projet d’émancipation individuelle et de démocratie qui la supporte, c’est-à-dire de renoncer à elle-même.

Lycées : Mme Pécresse promeut une politique rétrograde et inégalitaire

Mme la Présidente, nous jugeons les politiques sur leurs actes et vos discours ne pourront pas éternellement cacher la réalité de votre politique. Vous prétendez augmenter le budget d’investissement pour les lycées de 5,5% par rapport à la prévision d’exécution 2015. Mais si nous comparons ce qui est comparable, le budget que vous proposez baisse de 8%.

Vous annoncez fonder votre budget sur la conviction que le lycée doit devenir le lieu de « la promotion sociale, de l’ambition et de la réussite ». Or, Mme la Présidente, votre conception de la promotion sociale ne semble adossée à aucune vision de l’égalité. En effet, il semble que vous ayez décidé de régler les problèmes des lycées publics en augmentant considérablement l’aide régionale aux lycées privés. Allez comprendre !

Ainsi, vous étendez l’aide régionale à la demi pension aux demi-pensionnaires des 193 lycées privés – c’était une demande des lycées privés, vous l’avez satisfaite – et, à compter de la rentrée 2016, vous accorderez aux lycées privés une dotation similaire à celle que la région accorde aux lycées publics pour la gratuité des manuels scolaires. A y regarder de plus près, l’enveloppe pour la gratuité des manuels scolaires va être amputée de quasiment 1M d’€ et c’est cette enveloppe diminuée de 15% que les élèves des lycées publics et privés devront se partager.

Si l’école est libre en France et que chacun peut faire le choix d’inscrire son enfant dans une école privée, la Région n’a pas à aider, plus qu’elle ne le fait déjà, au financement de choix particuliers. C’est aux institutions privées, si elles le souhaitent, de faire en sorte que leurs établissements soient accessibles à toutes les familles. Votre politique, en siphonnant les budgets des lycées publics au profit du privé, contribuera à la dégradation du service public de l’éducation et encouragera les familles à faire le choix du privé afin d’éviter des lycées publics qui n’ont plus la capacité de mener à bien leurs missions éducatives. Mme la Présidente, vous avez décidément une drôle de conception de la promotion sociale.

Vous prétendez également mettre en oeuvre des politiques en faveur de la sécurité. Cependant, Mme la Présidente, vous amputez l’argent alloué à la prévention et à la lutte contre les violences scolaires. Votre vision de la sécurité est exclusivement répressive et alors même que toutes les études montrent la faillite de l’approche sécuritaire, c’est celle que vous choisissez. En effet, vous préférez dépenser l’argent des contribuables de notre région dans des équipements de « sécurité » très chers, qui auront pour principal mérite de garantir une rente confortable aux entreprises qui les commercialisent, plutôt que dans le soutien à des programmes d’éducation et de prévention de la violence qui coûtent beaucoup moins cher pour une efficacité nettement supérieure.

Aujourd’hui où les lycéennes et les lycéens sont tous les jours confrontés à la complexité et à la violence sidérante d’évènements proches et lointains qui les font s’interroger sur le sens du monde dans lequel nous vivons, vous diminuez de près de 40% le budget consacré aux actions pour la citoyenneté, la participation lycéenne et la lutte contre les discriminations. Ces choix, Mme la Présidente, sont irresponsables. Car, l’apprentissage de la citoyenneté commence avec l’expérience d’une participation active à la vie lycéenne. Tout comme l’éducation à la démocratie passe par l’appréciation des différences comme d’une inépuisable source d’enrichissement réciproque, la conscience qu’aucun être humain ne peut jamais être réduit au pire de lui-même et que les manichéismes constituent le substrat de toutes les violences. A l’heure où les discours médiatiques et politiques ignorent la labilité des identités et réifient des identités ethniques et culturelles qu’ils contribuent à façonner, le soutien régional à des programmes de lutte contre les discriminations apparaît pourtant plus que jamais nécessaire.

Mme la Présidente, vous annoncez poursuivre une politique de maîtrise de l’énergie mais diminuez de 54% le budget consacré à la rénovation des lycées publics et, d’une manière générale, aux travaux de réparation et de maintenance. Et la baisse porte plus spécifiquement sur la rénovation thermique et l’efficacité énergétique qui perdent 80% de leur budget pour les lycées publics et 90% pour les cités mixtes régionales. Or trop d’établissements sont encore de véritables passoires thermiques. Ce qui coûte très cher à la région et contribue à l’émission de gaz à effet de serre. En réalité, vos priorités réelles n’ont strictement rien à voir avec le discours que vous pouvez soutenir. Mme la présidente, vous n’avez cure de l’urgence écologique et semblez n’avoir aucune conscience de la promesse funeste du dérèglement climatique. Vous ignorez complètement les liens de causes à effets entre dérèglement climatique, guerres et crise migratoire. C’est sans doute ce qui vous permet d’affliger davantage encore les migrantEs qui arrivent dans notre région en les privant du peu d’aide qu’ils-elles recevaient. Votre budget nie la responsabilité que nous avons, nous pays engagés depuis deux siècles sur la voie d’un productivisme dangereux, dans le dérèglement climatique et notre plus grande obligation à diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Mme la présidente, en plus d’obérez la possibilité pour notre région de réaliser à termes des économies de fonctionnement, vous faites preuve d’irresponsabilité environnementale.

Vous réduisez à peau de chagrin, moins 66% du montant global des budgets participatifs des lycées consacrés à la rénovation thermique et aux économies d’énergie. J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire non seulement vous nous privez d’argent dans la lutte contre le dérèglement climatique mais votre politique est adossée à une vision infantilisante des lycéenNEs que vous refusez de voir comme des partenaires responsables parfaitement capables de gérer de la meilleure des façons les budgets participatifs dont ils-elles avaient la charge. Décidément, Mme La Présidente, vous êtes de droite, une droite rétrograde qui nie la vérité du dérèglement climatique et de ses conséquences,  une droite conservatrice qui refuse d’affranchir là où c’est possible nos lycéenNEs de l’autorité d’unE proviseurE et de son administration.

Enfin, vous rognez le budget consacré à l’introduction d’aliments biologiques dans notre région et continuez d’ignorer que les modes intensifs et industriels de production de notre alimentation exposent tous les jours nos enfants à des substances cancérigènes certaines ou probables. C’est un scandale sanitaire dont nous n’avons pas fini de mesurer les conséquences en termes de santé publique. Et, pourtant, Mme la présidente il semble que cela vous soit indifférent.

Avec mon groupe EELV-A, nous vous avons proposé une série d’amendements gagés qui auraient permis de revenir à une politique budgétaire responsable qui réponde aux vrais dangers auxquels sont confrontéEs nos lycéenNEs : l’inégalité, les discriminations, l’intolérance, le manichéisme, le dérèglement climatique, la mal-bouffe. Malheureusement, vous avez préféré diminuer le budget des lycées publics pour abonder les caisses des lycées privés, ignorer la réalité des effets catastrophiques du dérèglement climatique et notre responsabilité particulière et ne pas considérer les risques sanitaires liés à l’absorption quotidienne de substances cancérigènes. Vos choix budgétaires, Mme la Présidente, constitue une bien mauvaise augure.

Ruralité, Ghettos, Femmes victimes de violence ; les interventions de B. Monville-De Cecco en plénière du conseil régional aujourd’hui, jeudi 17/03/16, dans l’ordre d’énonciation

1/ Secteur Ruralité et agriculture CR 09-16 :

Discussion générale

La baisse des dotations, de nouvelles charges obligatoires, le désengagement des services de l’Etat rendent difficile la gestion communale tout particulièrement dans les communes rurales où il y a peu de moyens. La redéfinition de la politique agricole commune, une agriculture productiviste, essentiellement orientée vers l’exportation et les marchés internationaux, exposent les exploitations franciliennes à des difficultés croissantes. Et pourtant votre rapport empile des intentions souvent imprécises et parfois contradictoires et nous doutons que les solutions qu’il propose répondent aux difficultés réelles que rencontrent les territoires ruraux.

Que signifie par exemple quand on parle d’agriculture : « augmentation de l’investissement dans la compétitivité et l’innovation des entreprises, par la création de pôles d’excellence » ? Compétitivité par rapport à quoi, à qui ? Qu’est-ce qui définit l’excellence ? La durabilité des cultures ou leur productivité ? Quelques exemples de questions qui sans réponse précise, puisque nous n’en avons pas obtenu en commission, nous laissent penser que le modèle de développement agricole qu’il s’agit ici de promouvoir n’est pas le modèle résilient, pourvoyeur d’emplois locaux et d’une nourriture saine que nous souhaitons voir advenir.

D’ailleurs et puisque ce rapport parle d’agriculture nous nous étonnons de ne pas y trouver une seule occurence du mot « biologique ».

Rien non plus sur une politique de limitation des intrants chimiques (pesticides et engrais) quand on sait l’importance qu’il y aurait à préserver la biodiversité et permettre aux terres, considérablement appauvries par les traitements chimiques auxquels elles sont intensément soumises, de se régénérer. Mais, il s’agirait aussi de protéger les personnes. Les femmes et les hommes qui habitent ces territoires ont le droit de vivre dans un environnement sain, de respirer un air sain et d’avoir des cours d’eau non pollués. D’après les chiffres du ministère de l’environnement 12% des points d’eau en surface présenteraient une qualité permettant de produire de l’eau potable sans traitement spécifique, ce qui signifie que 88% de nos eaux de surface sont polluées. Ce n’est certes pas une petite affaire or votre rapport n’en fait aucun cas.

Ce rapport est aussi contradictoire quand il prétend dans l’exposé de ses motifs qu’il faut à la fois veiller à la préservation des terres agricoles tout en maintenant la possibilité pour les territoires ruraux de contribuer par exemple à deux grandes fonctions de la ville pourtant gourmandes en foncier : la logistique et le logement.

Quant aux axes d’intervention listés en annexes, certains nous semblent nécessaires comme l’aide au commerce de proximité ou le maintien des services publics. Mais là encore rien n’est dit sur leur mise en oeuvre concrète. Avez-vous l’intention de mettre un terme aux projets de développement des super-hyper-méga centres commerciaux qui non seulement mangent les sols dont nous avons déjà parlés mais tuent le commerce de proximité ? D’autres comme la gratuité des parkings autour des gares nous paraissent problématiques. Vous risquez d’encourager la circulation automobile dans les centres villes, quand il faudrait au contraire réfléchir à la promotion de parkings relais en périphérie des villes, couplés avec des transports en commun qui assuraient la liaison avec les gares. Enfin, le déploiement de la vidéo surveillance nous semble parfaitement inutile : extrêmement couteuse à installer et à entretenir il est inconcevable et absolument pas souhaitable que l’ensemble du territoire rural soit surveillé par des caméras. D’autres réponses aux problèmes que connaissent ces territoires existent comme de développer un plan régional zéro déchets qui réduirait quasi à néant le risque de dépôts sauvages.

Les communes rurales n’ont plus de moyens. Elles ont maitrisé leurs charges de fonctionnement et ne peuvent plus demander à leurs habitant-e-s des efforts. En outre leur capacité d’autofinancement est très faible. Ces communes rurales sont pourtant dans une situation qui leur permettrait d’inventer une nouvelle manière de vivre, résiliente, et d’initier véritablement la transition écologique de nos territoires. Nous regrettons que vous ne vous engagiez pas à les accompagner dans cette voie.

Votre rapport dessine des orientations de développement économique totalement passéistes et qui ont déjà montré malheureusement leur incurie. Alors Mme la présidente, je vous demande, contrairement à ce que vous avez dit tout à l’heure, qui sont les conservateurs dans cette assemblée ?

Explication de vote : abstention.

Ce rapport énonce les axes généraux de la politique que l’exécutif souhaite mettre en oeuvre sans concertation et sans rien dire de précis quant aux moyens qui seront employés. D’où viennent ces fonds ? Comment seront-ils répartis ?

Or nous avons des raisons de nous inquiéter. Vous avez déclaré vouloir privilégier un budget de relance de l’investissement tout en menant une politique de restriction budgétaire. Dès lors, une des questions cruciales que nous nous posons est quelles autres politiques sont abandonnées ? Vous annoncez vouloir diminuer voire supprimer les subventions de certaines associations. Mais les associations, Mme la présidente c’est 6% de la masse salariale privée et 3,5% du PIB, c’est plus que l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire réunies (3,4%). Ces associations sont très présentes dans nos territoires ruraux et jouent un rôle fondamental pour leur cohésion en développant des projets d’utilité sociale créateurs d’emploi. Vous dites aussi vouloir diminuer de 10% le budget des 29 organismes associés de la région, parmi lesquels nous trouvons NATUREPARIF ou l’ORDIF qui se sont révélés essentiels dans la connaissance de nos territoires ruraux et leur protection. Au contraire, il faudrait poursuivre le travail commencé. L’INRA (Institut national de la recherche agronomique) a établi la seule cartographie des sols disponibles pour l’ensemble de l’Île de France. Mais cette carte date de 2003 et, si elle donne des informations précieuses sur les types de sols, elle reste, aux dires de l’IAU (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île de France), imprécise et insuffisante. Pourtant, les sols assurent de multiples services fondamentaux et une politique sérieuse d’aménagement du territoire francilien doit passer par une volonté réelle de sanctuarisation des terres agricoles disponibles. Donc par le soutien à la recherche sur les sols franciliens et leur protection contre l’étalement urbain. En moyenne sur les 20 dernières années, ce sont 1860 ha de terres, le plus souvent agricoles, qui sont artificialisés par an. On sait que le marché foncier et les régulations foncières sont parmi les facteurs « de long terme » qui influencent le plus l’évolution des structures agricoles. Les volontés d’installation d’agriculteurs-agricultrices sont parfois arrêtées faute de terres disponibles. Par conséquent, l’élaboration d’un schéma de sanctuarisation des terres agricoles d’intérêt régional serait cruciale si nous souhaitons que se développe une agriculture francilienne de qualité et pourvoyeuse d’emplois locaux. Or, il n’en est jamais question dans ce rapport.

Et puis pour vous répondre, parce que vous avez parlé tout à l’heure, des lycéens et lycéennes qui, en Seine et Marne renoncent à poursuivre des études supérieures faute de transport ou d’une offre locale suffisante. Pourtant, vous prétendez instituer des bourses au mérite pour les bacheliers titulaires d’une mention très bien et l’égalité des aides sociales pour les lycées publics et privés. Mesdames la présidente et vice-présidente, souhaitez vous réellement régler le problème de l’inégalité scolaire par de telles mesures ? N’avez-vous jamais entendu parler de reproduction sociale ? En 1964, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron publiaient un livre important Les Héritiers, je vous en conseille vivement la lecture.

2/ Secteur logement

CR 39-16 « Dispositif anti-ghettos », explication de vote : contre

M. le vice président, vous avez déclaré vouloir « casser les ghettos » mais quelle est cette expression pleine de mépris ? Vous savez si les franciliens et les franciliennes nous regardent comme vous l’avez dit, ils savent aussi nous écouter. Ces ghettos dont vous parlez sont pour beaucoup de nos concitoyen-nes leur lieu de vie, des lieux où ils-elles ont grandi, élevé leurs enfants, des lieux où ils-elles ont vieilli, des lieux auxquels ils-elles sont attachés malgré les difficultés qu’ils-elles peuvent y rencontrer, des lieux que nombre d’entre eux-elles s’engagent à améliorer par des actions multiples et quotidiennes au service de l’ensemble des habitant-es. Avez-vous déjà écouté Grand Corps Malade quand il dit : « Si je rends hommage à ces lieux à chaque expiration, C’est que c’est ici que j’ai puisé toute mon inspiration »? Avez-vous M. le Vice Président déjà mis les pieds dans un des innombrables centres sociaux où travailleurs sociaux et habitant-es collaborent pour créer des espaces de partage, de rencontre, de réflexions, de discussions, de loisirs et participent activement à la vie de leur cité ? (la phrase suivante n’a pas été prononcée faute de temps) Il y a, voyez-vous, de multiples manières de faire de la politique et je ne crois pas me tromper ici en affirmant que les femmes et les hommes dans notre pays qui s’investissent dans leur quartier, dans ces ghettos que vous voulez « casser » sont bien plus nombreux-ses que nous qui siégeons dans des lieux cossus et que les services qu’ils et elles rendent à la population de notre pays tout entier sont sûrement bien plus fondamentaux. Une chose est sûre M Geoffroy Didier, pour parler d’eux et d’elles de cette façon là non seulement vous ne les connaissez pas mais vous les méprisez. Une politique qui serait animée par le sens de la justice ne viserait pas à « casser les ghettos » mais à soutenir leurs habitant-es en leur donnant les moyens d’agir et en leur apportant les services publics qui leur manquent et de la meilleure qualité possible afin de corriger autant que faire se peut les inégalités considérables de richesse, de travail et scolaires qui les frappent.

Vous avez dit aussi faire vôtres les propos de Manuel Valls et ne pas vouloir ajouter de la pauvreté à la pauvreté (comme s’il était nécessaire de poursuivre la démonstration de la proximité idéologique qui existe entre vous). Mais, M. Didier, ce n’est pas en construisant des logements sociaux qu’on crée la pauvreté. En Île de France, comme le montre le graphique que vous avez joint au rapport suivant, 25% des francilien-nes remplissent les conditions de revenu pour accéder à un logement très social. Aujourd’hui en France, 8 million de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. On compte 5 millions de travailleurs-euses pauvres et 3,5 millions de sans-abri, un chiffre qui, selon la fondation Abbé Pierre, a doublé en 10 ans. Or que s’est-il passé ces 10 dernières années, une accélération et une amplification considérable des politiques néo-conservatrices de restriction budgétaire et la captation massive des revenus du travail par le capital à travers la remise en cause progressive, jusqu’à tout récemment, des droits des salarié-es et une baisse considérable de leur revenu (rémunération brute et part de leur salaire différé sous forme d’aides sociales et d’assurances maladie et vieillesse). Alors M Geoffroy Didier je m’étonne d’un tel simplisme : supprimons les logements très sociaux et nous allons supprimer les pauvres. Et je demande à mon collègue de l’UDI, où sont les idéologues ? Car dans votre rapport si on lit dans les motifs que les communes pas ou peu pourvues en logement social devront se conformer aux obligations de la loi SRU, aucun article ne traduit en acte votre intention. Je pense pour reprendre une expression de M. Meignen que la lutte contre la « concentration de classe » commence là. A quand une politique de « déconcentration de classe » dans le 16è et à Neuilly-sur-Seine ? Par conséquent, ce que vous allez faire à coup sûr c’est augmenter la précarité indigne que subissent déjà 8 millions de nos concitoyen-nes et fragiliser celles et ceux qui sans vivre sous le seuil de pauvreté voient leurs revenus diminuer année après année alors même que les rentes des grandes entreprises n’ont jamais été aussi fleurissantes et que la bourse n’a jamais permis une telle accumulation de richesse par les plus nantis.

CR 38-16 Soutien aux femmes victimes de violences, explication de vote : pour

(En réponse aux interventions du FN) Il semble que les faux dévots du 21 siècle embrassent la cause des femmes pour mieux anéantir les quelques gains obtenus par les mouvements et associations féministes au 20ème siècle. Alors quant aux élucubrations insupportables du Front National je veux juste rappeler que le FN propose de répondre au chômage en ramenant les femmes dans les foyers ou qu’au parlement européen ses membres ont voté contre un texte portant justement sur l’égalité femmes-hommes.

Mais, Mme La présidente, revenons au rapport avec lequel vous souhaitez lutter contre les violences faites aux femmes et pourtant, lundi nous avons appris au conseil d’administration du centre Hubertine Auclert que vous aviez l’intention de diminuer de 30% les subventions versées par la région à ce centre. Il constitue pourtant une ressource fondamentale dans la lutte quotidienne contre les violences faites aux femmes. Ce centre est sûrement un exemple de ce qu’une collectivité peut promouvoir de meilleur et aujourd’hui ce sont cent associations qui en sont membres. Depuis 2013, le centre a intégré l’observatoire régional des violences faites aux femmes. Or, les données produites par l’observatoire et le centre Hubertine Auclert montrent l’effort qu’il faudrait fournir si notre collectivité veut pleinement répondre aux problèmes vitaux que rencontrent ces femmes. En 2013, ce sont 793 femmes et 819 enfants qui ont été hébergés et mis en sécurité dans des structures associatives ou individuelles. Mais, 1442 femmes ont vu leur demande d’hébergement refusées faute de place disponible. Dans ce même rapport on lit : « Il est important d’offrir à ces femmes un lieu de vie stable et sécurisant où elle vont pouvoir se détendre et mettre à distance les violences qui les oppressent, provoquant anxiété et stress permanent. » Par conséquent, Mme la présidente, augmenter le nombre de logements réservés aux femmes victimes de violences et à condition que ces logements leur soient accessibles économiquement, ainsi que vient d’en faire la démonstration Mme Corinne Rufet, est nécessaire mais en aucun ça suffisant. Nous parlons de passer de 50 à 100 logements, 100 logements quand le nombre potentiel de femmes qui pourraient en avoir besoin dépasse les 2000, quand une femme meurt tous les deux jours et demi en France sous les coups de son compagnon ou de son ex-compagnon. En amputant le centre Hubertine Auclert de 30% de ses subventions régionales vous risquez de nous priver d’un instrument fondamental dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Vous admettrez Mme la présidente que le signale que vous envoyez est, et c’est le moins qu’on puisse dire, contradictoire. Alors nous voterons cette délibération. Pour autant, nous serons extrêmement vigilants sur votre politique globale à l’endroit des femmes et nous espérons que le soutien de la région aux associations féministes ne manquera pas durant cette mandature.

Élections régionales : les écolos proposent de “changer d’air”

Jeudi 5 novembre, à Pontault-Combault, Bénédicte Monville de Cecco, secrétaire départementale d’EELV 77, a présenté ses colistiers pour la liste de Seine-et-Marne qu’elle conduit.

10/11/2015 à 12:41 par Pierre Choisnet

La liste Europe Écologie-Les-Verts (EELV), emmenée par Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale, est en ordre de marche pour les élections régionales de décembre. Bénédicte Monville de Cecco – secrétaire départementale d’EELV 77 et élue à Melun – est la tête de liste en Seine-et-Marne. Elle a présenté ses colistiers du département, jeudi à Pontault-Combault. « La liste a été déposée lundi, après des semaines de préparation, explique l’écologiste. Elle a été ouverte à la société civile. Nous avons aussi fait une alliance avec Cap 21. »

En deuxième position, on retrouve Jean-Marc Pasquet, vice-président sortant de la commission des finances de la Région et conseiller municipal à Draveil (Essonne). Celui-ci, qui est le seul à ne pas résider en Seine-et-Marne, justifie sa place par son engagement « en faveur de la Grande couronne. »

Lire la suite là :

http://www.lepaysbriard.fr/elections-regionales-les-ecolos-proposent-de-“changer-d’air”-21293/

Régionales : Bénédicte Monville de Cecco (EELV) mise sur l’ouverture

Sébastien Blondé | 06 Nov. 2015, 16h56 | MAJ : 06 Nov. 2015, 16h56

Leur liste a été déposée ce lundi en préfecture de région, par Emmanuelle Cosse, leur secrétaire nationale. Bénédicte Monville de Cecco, tête de liste Europe Ecologie-Les Verts (EELV) pour la Seine-et-Marne, a présenté ses colistiers du département, ce jeudi à Pontault-Combault.

«C’est une liste ouverte sur la société vicile, avec une alliance avec Cap 21», indique la tête de liste, au côté de laquelle on retrouve en numéro 2, Jean-Marc Pasquet, vice-président sortant de la commission des finances à la Région, également élu municipal à Draveil (Essonne). Pro-Grande couronne, il a cédé sa place dans l’Essonne, pour une autre de choix dans le 77, et porte évidemment le bilan de la majorité sortante.

Lire la suite :

http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/regionales-benedicte-monville-de-cecco-eelv-mise-sur-l-ouverture-06-11-2015-5254299.php

Meeting du rassemblement écologiste et citoyen en Seine et Marne à Melun le 19 novembre. Il sera suivi par un buffet convivial.

Dans le cadre de la campagne pour les élections régionales, la liste du rassemblement écologiste et citoyen menée par Emmanuelle Cosse en Île de France tiendra son meeting de campagne Seine-et-Marnais le :

20h-22h, meeting, espace Saint-Jean, place Saint-Jean à Melun
(accessible depuis la gare de Melun par les bus C, E et N)
22h-23h, buffet convivial
Ce moment doit être l’occasion d’une fête pour l’écologie politique en Seine et Marne autour d’Emma Cosse, de tou.te.s les candidat.e.s, militant.e.s, sympathisan.e.s, citoyen.ne.s de Seine et Marne qui seront présent.e.s.
La liste précise des invité.e.s sera précisée ultérieurement.

Régionales : Cosse (EELV) contre les énergies fossiles à Jouy-le-Châtel

Sébastien Blondé | 16 Oct. 2015, 19h44 | MAJ : 16 Oct. 2015, 19h44

Elle ne connaissait pas ce coin de Seine-et-Marne, où les puits de pétrolefleurissent sous la houlette de l’entreprise canadienne Vermilion. En pleine campagne pour les élections régionales en Ile-de-France, Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), a découvert ce vendredi la concession pétrolifère de Champotran, à Jouy-le-Châtel, au côté notamment de Bénédicte Monville de Cecco, sa tête de liste pour la Seine-et-Marne.

C’est là que Vermilion vient de recevoir les autorisations pour de nouveaux forages et nouvelles recherches.

Lire la suite :

http://www.leparisien.fr/melun-77000/regionales-cosse-eelv-contre-les-energies-fossiles-a-jouy-le-chatel-16-10-2015-5192427.php

A Melun, Cosse (EELV) sonne l’alerte à la pollution

Sophie Bordier | 13 Oct. 2015, 07h00 | MAJ : 13 Oct. 2015, 07h32

« Il y a une alerte à la pollution mardi (NDLR : aujourd’hui). Nous demandons une circulation alternée. Le problème en Ile-de-France, c’est qu’on tergiverse, on réfléchit.

.. Or, si la pollution s’annonce forte demain (aujourd’hui), elle le sera encore plus après-demain (demain). Dans ces cas-là, mes enfants ne sortiront pas ! »

A peine arrivée à Melun, hier après-midi, la secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts, Emmanuelle Cosse, ne mâche pas ses mots. Aux côtés de Bénédicte Monville de Cecco (EELV), élue municipale et tête de liste en Seine-et-Marne, elle se retrouve avenue Thiers, le long de la 2 x 3 voies où circulent 50 000 véhicules par jour, près de la gare fréquentée par des milliers d’usagers par jour.

Lire la suite :

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-et-marne-77/a-melun-cosse-eelv-sonne-l-alerte-a-la-pollution-13-10-2015-5180233.php