Budget

Débat d’orientation budgétaire : pas de hausse des impôts en 2017

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Lors du conseil municipal de Melun, jeudi 2 février, les élus ont réalisé le débat d’orientation budgétaire. Le désendettement de la ville a été salué par l’opposition qui a toutefois vivement critiqué les choix de l’équipe majoritaire.

08/02/2017 à 18:10 par Julien Van Caeyseele

« Nous allons continuer de reconsidérer les politiques publiques pour rationaliser les dépenses et permettre un autofinancement. » La phrase a été lancée par Kadir Mebarek, adjoint au maire de Melun, lors du débat d’orientation budgétaire, réalisé jeudi 2 février lors du conseil municipal. L’élu a d’ailleurs rappelé la priorité du désendettement de la ville jusqu’à la fin du mandat.

« Ça va mieux »

Une politique qui, selon l’élu, sera poursuivie « sans recours au levier fiscal et les taux resteront donc inchangés cette année », a indiqué Kadir Mebarek. Chiffres à l’appui l’élu a indiqué que « les finances de la commune sont en amélioration constante depuis 5 ans », un exercice réalisé, selon lui, « en conservant les services proposés aux Melunais. »

Pour parvenir à ces résultats, la majorité a notamment procédé à la vente de patrimoine « non-indispensable. » Une politique dénoncée par l’opposition, François Kalfon en tête. « Ça va mieux », a d’abord souligné le socialiste, concernant les finances de la ville. Avant d’attaquer : « Le temps de la dépense folle est terminé mais c’est un désendettement en trompe-l’œil. À quel rythme pourra-t-on continuer de vendre les bijoux de familles ? »

Appauvrissement

Et Kadir Mebarek de rétorquer : « Les cessions de terrains n’entrent pas dans le plan de désendettement, nous avons une vision globale. » Un argument qu’a également mis en avant Claude Bourquard du groupe Bien Vivre à Melun : « Il y a un appauvrissement des ménages à Melun et il faut développer les projets de solidarité sociale », a-t-il insisté, proposant la mise en place du quotient familial.

Sa collègue, Bénédicte Monville de Cecco a quant à elle dénoncé « la découpe de la ville, sans vision globale : vous augmentez le volume immobilier, cela va faire baisser les prix et on va se retrouver avec une population pléthorique sans que les services ne suivent. » Parmi les investissements, le budget de déploiement de nouvelles caméras et le recrutement de policiers municipaux a été critiqué par l’opposition.

L’élue écologiste a par exemple dénoncé a une nouvelle fois dénoncé une « politique du tout sécuritaire. » « C’est faux », a vivement répondu Louis Vogel, le maire de Melun. « Nous continuons notre politique en faveur des associations », a-t-il insisté. « Nous ne baissons pas les services aux habitants mais il est nécessaire de rationaliser en faisant des choix. » Le vote du budget sera réalisé au mois de mars, lors de la prochaine séance du conseil municipal.

Pour lire l’article sur le site du journal

#CAMVS Subventions aux associations : la #gabegie de l’innovation alimentaire !

 

Intervention Bénédicte Monville-De Cecco lors du conseil communautaire de Melun-Val de Seine du 29/04/16

De quoi l’innovation alimentaire est-elle le nom ?

Voilà un projet qui a priori prête à sourire. « Vitagora », un projet d’innovation alimentaire. Spontanément on se demande s’il s’agit de fabriquer du Pot au feu OGM, du Couscous lyophilisé, des gélules de Cassoulet pour cosmonaute en mal du pays ou d’augmenter encore la masse musculaire des charolaises (déjà qu’elles ont du mal à se hisser sur leurs pattes). Pourtant quand on arrive au détail des subventions, on n’a plus guère envie de sourire. Parce qu’au 40 000 euros de subvention déjà versés l’année dernière et reconduits cette année s’ajouteront 30 000 euros. Au total ce sont 70 000 euros que notre communauté d’agglomération versera à un projet dont tout ce que nous savons nous invite à la plus grande réserve. Et alors même que de nombreuses associations voient leurs subventions à peine maintenue voire baisser.

Car que savons-nous exactement de ce projet d’innovation alimentaire ?

Les documents mis à notre disposition indiquent que 30 000 euros seront dévolus à l’organisation d’un évènement BtoB, entendez « Business to Business » rassemblant (je cite) des « donneurs d’ordre internationaux » et je cite encore « jusqu’à une douzaine de grands comptes ». Si nous traduisons ces expressions emphatiques et prétentieuses (il faut surement au moins avoir fait un master 2 de marketing pour écrire ça) de quoi s’agit-il ? D’inviter des femmes et des hommes qui appartiennent à des entreprises représentant un chiffre d’affaires réel ou potentiel considéré comme très important à participer à un évènement de deux jours à Melun.

Autrement dit, la Communauté d’agglomération va dépenser 30 000 euros pour financer un évènement mondain qui va rassembler à Melun 50 à 70 « donneurs d’ordre » et « grand-comptes ».

La première question que je veux vous poser est : puisque nous aurons les grands-comptes, A quand les ducs et les marquis ? La deuxième : Ne croyez-vous pas que nous avons mieux à faire que de dépenser l’argent des contribuables de notre agglomération à organiser des mondanités de ce genre ?

Les documents nous disent encore que les 40 000 euros restants seront quant à eux consacrés à la compétitivité des acteurs de « l’agro-alimentaire et de la nutrition-santé ». On croirait lire un mauvais tracts des années 1980 sur l’innovation alimentaire. A l’époque tout le monde croyait encore que les multinationales de la révolution verte oeuvraient pour le bien de l’humanité. Mais aujourd’hui nous savons que ces empoisonneurs publics sont non seulement responsables pour une part non négligeable de l’épidémie de cancer qui sévit dans notre pays et dans le monde mais qu’ils ont laminé l’agriculture paysanne pourvoyeuse de millions d’emplois locaux et d’aliments de bonne qualité. Alors plutôt que de continuer à financer ces apprentis sorciers qui ont depuis longtemps fait la preuve de leur irresponsabilité, les sommes importantes que vous vous apprêtez à donner trouveraient à être bien mieux utilisées, dans nos territoires semi-ruraux, dans un projet concret d’innovation agricole.

Car il est urgent de repenser notre modèle de développement économique or ce que vous nous proposez correspond à une vision surannée, totalement dépassée. Il y a pourtant des exemples qui fleurissent partout en France aujourd’hui. Comme cet ambitieux projet développé par l’association « Fermes d’Avenir » en Indre-et-Loire, dans la région centre, autour de la promotion d’un nouveau modèle d’agriculture, basé sur les principes de l’agroécologie et capable de créer 3 emplois par hectare cultivé. Ce projet qui associe des acteurs variés, université, grande école, associations est soutenu par la Communauté Européenne, par sa région, par sa Communauté de Communes et plusieurs acteurs privés. C’est d’un projet comme celui-là dont nous avons besoin. Un projet qui crée des emplois locaux, non délocalisables, qui réinvestit les savoir-faire séculiers de notre région tout en les combinant à des savoirs nouveaux qui permettent, en diversifiant les cultures, d’obtenir de bons rendements sans employer un seul intrant chimique toxique.

Au contraire, l’obscure projet d’innovation alimentaire que vous nous proposez pour 70 000 euros démontre que vous n’avez pas du tout pris la mesure des enjeux.

Nous voulons que notre communauté d’agglomération innove certes, nous voulons qu’elle investisse dans l’avenir de nos territoires mais en développant leur capacité de résilience pas en l’amputant. Investir dans la recherche, dans l’enseignement, dans l’aide à l’installation pour que se développe une agriculture biologique productive, pourvoyeuse de nombreux emplois locaux et d’aliments de grande qualité dans le sud Seine et Marne constituerait une vraie innovation, un vrai changement parce qu’il s’agirait en effet d’autre chose que d’entretenir une petite aristocratie de « grands-comptes » à grands frais pour les contribuables.

Claude Bourquard dans Le République de Seine et Marne, 13/04/15

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Claude Bourquart photo

« En début de mandat, vous nous avez demandé de constituer une opposition responsable et constructive. Nous avons essayé de faire évoluer vos propositions. Mais vous oubliez toute logique sociale et économique. Les années 2015 et 2016 vont être difficiles. Nous proposions d’augmenter les taxes locales progressivement d’année en année, de façon modérée. Vous ne l’avez pas fait lors de vos précédentes mandatures. C’est une erreur. Avez-vous une idée de comment les melunais vont pouvoir participer à la relance économique si vous les assassinez dès cette année ? Il faut généraliser le quotient familial pour faire jouer la solidarité. » Claude Bourquard, conseiller municipal de l’opposition.

Débat d’orientation budgétaire : les orientations préconisées par le groupe des élu-e-s d’opposition écologistes « Bien Vivre à Melun »

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La ville de Melun s’est très fortement endettée les dix dernières années dans la mesure où elle a choisi de financer ses investissements, parfois trop ambitieux, uniquement par des emprunts sans faire un appel modéré aux hausses d’impôts. Dans le même temps, les dépenses de fonctionnement augmentaient régulièrement. Or, la dette devra, de toutes façons, être financée par l’impôt.

Le groupe Bien Vivre à Melun au conseil municipal a choisi une autre démarche budgétaire faite avant tout de solidarité entre les ménages les plus aisés et les moins aisés sans toutefois diminuer les services les plus essentiels à la population. Pour cela, nous faisons avant tout des arbitrages en matière politique.

Le premier de ces arbitrages est de considérer qu’il est nécessaire de ne pas baisser le financement des politiques publiques que nous jugeons prioritaires : éducation, social (incluant handicap et seniors les moins aisés), logement, environnement, pratique sportive populaire. Par contre, certaines telles que la culture, le commerce, la voirie, la sécurité, le tourisme, peuvent être un peu moins financées. Enfin, certaines politiques comme le sport de haut niveau, le patrimoine, la communication ou les commémorations peuvent être notablement réduites. Il s’agit d’éviter ainsi une « politique du rabot » qui appliquerait un même pourcentage d’effort financier à toutes les politiques publiques, en particulier en direction des associations.

Le second arbitrage est la volonté de travailler à la fois sur l’augmentation des recettes et sur la diminution des dépenses.

Concernant l’impôt nous sommes opposés à une forte hausse sur une année suivie de plusieurs années de stabilité. Nous préférons une hausse progressive et modérée sur plusieurs années qui évite une baisse subite et forte du pouvoir d’achat des ménages qui viendrait aggraver les effets de la politique gouvernementale d’austérité. Toujours au niveau de l’impôt, nous proposons que les exonérations d’impôts fonciers pour les logements neufs soient supprimées.

Il nous apparaît nécessaire d’étendre à tous les services aux melunais la pratique de tarifs progressifs en fonction du quotient familial avec une méthode de calcul corrigée. Il s’agit de faire jouer la solidarité entre les plus aisés et les plus démunis

En matière de dépenses, nous considérons qu’il faut se limiter aux investissements qui relèvent des politiques publiques que nous considérons comme prioritaires exposées ci-dessus. Il nous apparaît très important de maîtriser la masse salariale du personnel municipal par un pilotage plus rigoureux des ressources humaines et des rémunérations. Des économies sont aussi à rechercher dans la mutualisation de certaines charges au niveau intercommunal.

Enfin, il est nécessaire de rechercher les meilleures opportunités de mise en œuvre des services à la population dans le champ des acteurs non capitalistiques : ville, associations, entreprises coopératives, solutions mixtes. L’objectif étant de maintenir, voire de développer l’emploi dans ces trois secteurs où l’argent public n’est pas dilapidé au profit des dividendes de l’actionnariat capitaliste.

Claude Bourquard et Bénédicte Monville-De Cecco