Mois: avril 2016

Radio : A MELUN, LE CHANGEMENT DE MAIRE « NE CHANGE PAS GRAND CHOSE »

Depuis près de 2 semaines, Melun est dirigé par un nouveau maire. Le 7 avril dernier, Louis Vogel prenait la place de Gérard Millet dont il était le premier adjoint. Une succession annoncée dés 2014 par les deux élus Les Républicains. Une page s’est donc tournée après les 14 ans de Gérard Millet à la tête de la ville, même si celui-ci est du coup devenu 1er adjoint. L’opposition elle se montre sceptique, en particulier l’écologiste Bénédicte Monville de Cecco qui ne voit pas vraiment de changement dans cette passation de pouvoirs.

Bénédicte Monville de Cecco interrogée par Brice Charrier.

http://www.radiorezo.fr/podcasts/a-melun%2C-le-changement-de-maire-%22ne-change-pas-grand-chose%22-468

Voeu pour la suspension de l’installation des compteurs Linky à Melun

Le voeu que nous avons présenté hier au conseil municipal du 14 avril 2016 à Melun a été adopté. Nous remercions l’ensemble du conseil municipal, l’opposition qui a voté pour et la majorité qui s’est majoritairement abstenue, d’avoir rendu possible cette adoption. 

Vœu proposé par le groupe Bien Vivre à Melun

Préambule

L’article L322-4 du Code de l’énergie stipule que les collectivités sont propriétaires des réseaux de distribution d’électricité en aval des postes de transformation de la moyenne tension. Les compteurs font partie du réseau. La Commune en délègue, par concession, la gestion à ERDF.

A l’initiative de la Commission de régulation de l’énergie, en 2007, ERDF a lancé le projet AMM (Automated Meter Management – gestion automatisée des compteurs). Ce projet vise à remplacer les 35 millions de compteurs électriques en France à l’horizon 2021, par la mise en œuvre de systèmes de comptage évolués qui sont plus connus sous le nom de « compteurs Linky ». Ce même type de système a été installé massivement au Québec par Hydro-Québec ou encore en Espagne et en Allemagne. En Europe, la Commission Européenne a décidé en 2009 d’imposer les compteurs intelligents aux différents états. Enfin la loi de transition énergétique impose elle aussi sa généralisation à tous les foyers.

La première phase d’expérimentation a débuté en mars 2010 et s’est terminée au 31 mars 2011. 270 000 compteurs et 4 600 concentrateurs ont été testés sur 2 zone. Toutefois cette phase d’expérimentation n’a pas été évaluée par des bureaux d’étude indépendants mais uniquement par les acteurs directement intéressés par le développement de ce type de technologie.

Cependant, de très nombreuses critiques sont rapidement apparues en dehors de ces études. Les problèmes qu’elles faisaient apparaître non pas été évalués ni pris en compte, dérogeant ainsi au principe de précaution. Parmi ceux-ci voici les plus importants relevés actuellement :

  • La présence dans le réseau domestique des particuliers et des entreprises des courants porteurs nécessaires au fonctionnement des compteurs Linky induit de nombreuses pannes, voire destructions, dans les équipements électriques et électroniques qui n’ont pas été prévus pour ce type de courant. Les conséquences en sont catastrophiques pour le budget des ménages, les risques d’incendie, les décès liés aux dysfonctionnements des matériels médicaux ainsi que pour l’activité économique des PME.
  • Cette technologie génère des rayonnements classés « cancérigènes possibles » par l’OMS (organisation mondiale de la santé). Le courant porteur en ligne se dirige ensuite vers un concentrateur et parfois un répéteur qui comme certaines antennes-relais des téléphones ajoutent un courant électromagnétique à ceux qui existent déjà. Les conclusions du Centre de Recherche et d’Information Indépendant des Rayonnements Electro-Magnétiques recommandent une distance de prévention de deux mètres entre le compteur et le lieu de vie.
  • Les compteurs électriques appartiennent aux collectivités territoriales. De ce fait, c’est le Maire ou le Président de la collectivité territoriale qui est responsable en cas d’incident. Or, les assurances excluent les dommages causés par les champs et ondes électromagnétiques. Par exemple, Groupama, spécifie cette exclusion dans le fascicule RC VILLASSUR. Cela signifie clairement que l’acceptation par la commune de ces installations implique la commune et engage sa responsabilité en cas d’incendies ou de recherches en responsabilité due a la présence de ces compteurs. Le fait qu’ERDF dévolue cette responsabilité aux collectivités est inquiétante ,le fait qu’elle demande une décharge aux usagers sur sa propre responsabilité confirme les inquiétudes des collectivités territoriales qui ont le sens de leurs responsabilités.
  • Les compteurs Linky sont prévus pour analyser quasiment en temps réel, toutes les 10 minutes environ, la consommation de l’installation qu’ils desservent. Ils permettront aux opérateurs de recueillir d’innombrables données sur la vie privée des usagers, utilisables à des fins commerciales mais aussi de surveillance et de remise en cause des libertés publiques. D’autant plus qu’il s’est avéré que les données transitant par ce type de compteur sont facilement piratables. Ce qui n’a pas manqué d’alerter la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés.
  • Le risque financier est aussi important pour les familles, les professions libérales et les PME dans la mesure où la connaissance précise des habitudes de consommation a aussi pour objet d’entraîner une complexité accrue des tarifs aboutissant inévitablement à une hausse du coût de l’énergie pour les usagers n’ayant pas la possibilité de s’adapter à ceux-ci.
  • Les usagers qui le souhaitent n’ont pas la possibilité de refuser le remplacement de leur compteur, pourtant totalement compatible avec une distribution normale de l’énergie électrique, par un «  compteurs intelligents Linky ».

Au vu de ces différents problèmes, les réactions sont nombreuses de la part des pouvoirs publics, des associations de consommateurs et de protection de l’environnement et de la santé vis à vis d’une technologie mal maîtrisée dont on n’a pas réellement mesuré l’impact :

  • L’Allemagne a refusé que lui soit imposée la généralisation des compteurs intelligents dans la mesure où leur intérêt dans la transition énergétique est loin d’être démontrée et mériter les risques pris dans les domaines de la santé, des libertés publiques et de l’économie des PME.
  • Le gouvernement du Québec a imposé à Hydro-Québec le retrait des compteurs intelligents pour les usagers en faisant la demande suite aux nombreuses expertises indépendantes ayant mis en évidence la réalité de nombreux problèmes.
  • Les villes de Paris, Grenoble, Janvry ou encore Calès-en-Périgord ont adopté des délibérations refusant l’installation des compteurs Linky.

En conséquence des éléments ci-dessus, le Conseil Municipal de Melun émet le vœu suivant :

Le Conseil Municipal de Melun réuni le 24 mars 2016 :

  • Demande à Madame la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer de bien vouloir suspendre l’installation généralisée des « compteurs intelligents Linky » tant qu’une évaluation indépendante n’aura pas vérifié les conséquences de cette technologie pour la santé, les biens matériels des usagers, le respect de la vie privée et le coût de l’énergie.
  • Demande à Madame la Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer de proposer au parlement une modification de la loi de transition énergétique de façon à permettre aux usagers de refuser le remplacement de leur compteur par un « compteur intelligent Linky »
  • Demande à ERDF de ne pas installer sur Melun les « compteurs intelligents Linky » chez les usagers de la ville.

Claude BOURQUARD

Bénédicte MONVILLE – DE CECCO

Lycées : Mme Pécresse promeut une politique rétrograde et inégalitaire

Mme la Présidente, nous jugeons les politiques sur leurs actes et vos discours ne pourront pas éternellement cacher la réalité de votre politique. Vous prétendez augmenter le budget d’investissement pour les lycées de 5,5% par rapport à la prévision d’exécution 2015. Mais si nous comparons ce qui est comparable, le budget que vous proposez baisse de 8%.

Vous annoncez fonder votre budget sur la conviction que le lycée doit devenir le lieu de « la promotion sociale, de l’ambition et de la réussite ». Or, Mme la Présidente, votre conception de la promotion sociale ne semble adossée à aucune vision de l’égalité. En effet, il semble que vous ayez décidé de régler les problèmes des lycées publics en augmentant considérablement l’aide régionale aux lycées privés. Allez comprendre !

Ainsi, vous étendez l’aide régionale à la demi pension aux demi-pensionnaires des 193 lycées privés – c’était une demande des lycées privés, vous l’avez satisfaite – et, à compter de la rentrée 2016, vous accorderez aux lycées privés une dotation similaire à celle que la région accorde aux lycées publics pour la gratuité des manuels scolaires. A y regarder de plus près, l’enveloppe pour la gratuité des manuels scolaires va être amputée de quasiment 1M d’€ et c’est cette enveloppe diminuée de 15% que les élèves des lycées publics et privés devront se partager.

Si l’école est libre en France et que chacun peut faire le choix d’inscrire son enfant dans une école privée, la Région n’a pas à aider, plus qu’elle ne le fait déjà, au financement de choix particuliers. C’est aux institutions privées, si elles le souhaitent, de faire en sorte que leurs établissements soient accessibles à toutes les familles. Votre politique, en siphonnant les budgets des lycées publics au profit du privé, contribuera à la dégradation du service public de l’éducation et encouragera les familles à faire le choix du privé afin d’éviter des lycées publics qui n’ont plus la capacité de mener à bien leurs missions éducatives. Mme la Présidente, vous avez décidément une drôle de conception de la promotion sociale.

Vous prétendez également mettre en oeuvre des politiques en faveur de la sécurité. Cependant, Mme la Présidente, vous amputez l’argent alloué à la prévention et à la lutte contre les violences scolaires. Votre vision de la sécurité est exclusivement répressive et alors même que toutes les études montrent la faillite de l’approche sécuritaire, c’est celle que vous choisissez. En effet, vous préférez dépenser l’argent des contribuables de notre région dans des équipements de « sécurité » très chers, qui auront pour principal mérite de garantir une rente confortable aux entreprises qui les commercialisent, plutôt que dans le soutien à des programmes d’éducation et de prévention de la violence qui coûtent beaucoup moins cher pour une efficacité nettement supérieure.

Aujourd’hui où les lycéennes et les lycéens sont tous les jours confrontés à la complexité et à la violence sidérante d’évènements proches et lointains qui les font s’interroger sur le sens du monde dans lequel nous vivons, vous diminuez de près de 40% le budget consacré aux actions pour la citoyenneté, la participation lycéenne et la lutte contre les discriminations. Ces choix, Mme la Présidente, sont irresponsables. Car, l’apprentissage de la citoyenneté commence avec l’expérience d’une participation active à la vie lycéenne. Tout comme l’éducation à la démocratie passe par l’appréciation des différences comme d’une inépuisable source d’enrichissement réciproque, la conscience qu’aucun être humain ne peut jamais être réduit au pire de lui-même et que les manichéismes constituent le substrat de toutes les violences. A l’heure où les discours médiatiques et politiques ignorent la labilité des identités et réifient des identités ethniques et culturelles qu’ils contribuent à façonner, le soutien régional à des programmes de lutte contre les discriminations apparaît pourtant plus que jamais nécessaire.

Mme la Présidente, vous annoncez poursuivre une politique de maîtrise de l’énergie mais diminuez de 54% le budget consacré à la rénovation des lycées publics et, d’une manière générale, aux travaux de réparation et de maintenance. Et la baisse porte plus spécifiquement sur la rénovation thermique et l’efficacité énergétique qui perdent 80% de leur budget pour les lycées publics et 90% pour les cités mixtes régionales. Or trop d’établissements sont encore de véritables passoires thermiques. Ce qui coûte très cher à la région et contribue à l’émission de gaz à effet de serre. En réalité, vos priorités réelles n’ont strictement rien à voir avec le discours que vous pouvez soutenir. Mme la présidente, vous n’avez cure de l’urgence écologique et semblez n’avoir aucune conscience de la promesse funeste du dérèglement climatique. Vous ignorez complètement les liens de causes à effets entre dérèglement climatique, guerres et crise migratoire. C’est sans doute ce qui vous permet d’affliger davantage encore les migrantEs qui arrivent dans notre région en les privant du peu d’aide qu’ils-elles recevaient. Votre budget nie la responsabilité que nous avons, nous pays engagés depuis deux siècles sur la voie d’un productivisme dangereux, dans le dérèglement climatique et notre plus grande obligation à diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre. Mme la présidente, en plus d’obérez la possibilité pour notre région de réaliser à termes des économies de fonctionnement, vous faites preuve d’irresponsabilité environnementale.

Vous réduisez à peau de chagrin, moins 66% du montant global des budgets participatifs des lycées consacrés à la rénovation thermique et aux économies d’énergie. J’ai déjà eu l’occasion de vous le dire non seulement vous nous privez d’argent dans la lutte contre le dérèglement climatique mais votre politique est adossée à une vision infantilisante des lycéenNEs que vous refusez de voir comme des partenaires responsables parfaitement capables de gérer de la meilleure des façons les budgets participatifs dont ils-elles avaient la charge. Décidément, Mme La Présidente, vous êtes de droite, une droite rétrograde qui nie la vérité du dérèglement climatique et de ses conséquences,  une droite conservatrice qui refuse d’affranchir là où c’est possible nos lycéenNEs de l’autorité d’unE proviseurE et de son administration.

Enfin, vous rognez le budget consacré à l’introduction d’aliments biologiques dans notre région et continuez d’ignorer que les modes intensifs et industriels de production de notre alimentation exposent tous les jours nos enfants à des substances cancérigènes certaines ou probables. C’est un scandale sanitaire dont nous n’avons pas fini de mesurer les conséquences en termes de santé publique. Et, pourtant, Mme la présidente il semble que cela vous soit indifférent.

Avec mon groupe EELV-A, nous vous avons proposé une série d’amendements gagés qui auraient permis de revenir à une politique budgétaire responsable qui réponde aux vrais dangers auxquels sont confrontéEs nos lycéenNEs : l’inégalité, les discriminations, l’intolérance, le manichéisme, le dérèglement climatique, la mal-bouffe. Malheureusement, vous avez préféré diminuer le budget des lycées publics pour abonder les caisses des lycées privés, ignorer la réalité des effets catastrophiques du dérèglement climatique et notre responsabilité particulière et ne pas considérer les risques sanitaires liés à l’absorption quotidienne de substances cancérigènes. Vos choix budgétaires, Mme la Présidente, constitue une bien mauvaise augure.

Discours candidature B Monville-De Cecco à la mairie de Melun, le 7/04/2016

Ce discours a été prononcé à l’occasion de la démission du maire de Melun M. Gérard Millet lors du conseil municipal du jeudi 7 avril. 

Chers collègues, conseillères et conseillers municipaux.

J’ai l’honneur de me présenter devant vous à la candidature de maire de notre ville. Nous restons convaincus que le projet de la liste écologiste et citoyenne Bien Vivre A Melun que nous avons porté en 2014 est le seul capable de répondre aux nombreuses attentes de nos concitoyenNEs et aux enjeux que doit affronter notre ville.

Depuis plusieurs mois maintenant que notre conseil municipal siège et délibère sur les affaires de notre ville M Claude Bourquard et moi-même, souvent soutenus par l’ensemble de l’opposition, avons, avec un réel sens des responsabilités, présenté plusieurs voeux, défendus plusieurs amendements, portés d’innombrables arguments au débat pour essayer d’infléchir la politique dessinée par la majorité.

Malheureusement nous n’avons pas réussi à modifier l’orientation fondamentalement néolibérale et conservatrice de la politique menée. Cette politique idéologique est un échec et force est de constater que l’administration communale de droite depuis des dizaines d’années n’a pas réussi à préserver les citoyenNEs melunaisES des effets catastrophiques de la récession économique et des politiques de rigueur.

Et pourtant il est parfaitement possible de faire autrement et le projet que nous portons en constitue la preuve irréfutable.

Il est urgent de redonner du dynamisme économique à notre ville et dans une situation contrainte budgétairement cela ne peut passer que par l’inventivité et l’innovation. Nous développerons plusieurs projets qui en plus d’améliorer la qualité de vie des melunaises et des melunais augmenteront nos ressources et par voie de conséquence nos capacités d’investissement. Des choix qui, pour les grands projets structurants, nous amèneront à consulter les habitantEs de notre ville. Parce que nous croyons en l’intelligence collective et en la force d’une ville qui s’appuie sur une démocratie locale vivante. L’affectation de nos moyens financiers sera proportionnée à leur impact réel sur la qualité de vie des habitantEs.

Alors, plutôt que de vendre le moindre cm2 d’espace disponible dans notre ville à des promoteurs immobiliers afin de renflouer des caisses vidées par une gestion périlleuse dans une espèce de fuite en avant qui s’apparente à vouloir remplir le tonneau des danaïdes, nous développerons l’agriculture urbaine et de proximité. Nous encouragerons partout où c’est possible l’installation de jeunes agriculteurs et le développement d’AMAP. Nous leur garantirons des débouchés dans nos restaurants scolaires en reprenant leur gestion en régie publique. En contrepartie, ces activités nouvelles augmenteront l’assiette fiscale de notre ville, garantiront aux enfants de la ville une alimentation de qualité sans chimie et permettra à de nombreux melunaisES d’avoir accès à des fruits et des légumes biologiques à des prix raisonnables.

La ville que nous voulons est une ville innovante où les déchets seraient transformés en ressources à l’instar de ce qui se fait déjà dans plusieurs villes d’Europe et des Etats-Unis. Nous mettrons en place un plan zéro-déchets susceptible, si on en croit ce qui se passe ailleurs, de créer plusieurs dizaines d’emplois, des revenus nouveaux pour notre ville et nous favoriserons l’implantation d’entreprises innovantes comme la fabrication de bioplastique qui nécessite d’avoir accès à des biodéchets compostables.

Nous investirons dans la rénovation thermique du patrimoine immobilier de notre ville afin de créer des opportunités nouvelles pour les entrepreneurs du bâtiment tout en nous permettant à terme de dégager d’importantes économies de fonctionnement qui pourraient être réinvesties ailleurs.

Nous nous attaquerons au fléau que représente l’augmentation constante de la circulation automobile. Un fléau pour notre santé à touTEs et qui rend la ville dangereuse en particulier pour nos jeunes, nos personnes âgées et nos concitoyenNEs handicapéEs. Rien ne coûte moins cher à une ville que de développer un réseau cyclable et des espaces dédiés à la marche à pied qui changent du tout au tout son atmosphère. Aujourd’hui, dans de nombreuses villes d’Europe 30% des déplacements se font en vélo, l’encouragement à la marche et la construction de voies réservées pour les bus afin d’encourager les déplacements en transport en commun viendront compléter le dispositif. Tout le monde s’accorde à dire que non seulement nous vivons mieux dans des villes qui mettent en place une vraie politique favorable aux mobilités douces mais nous sommes en meilleure santé et les rapports sociaux sont vivifiés.

Le Melun que nous voulons ne bradera pas sa place Praslin à une multinationale vendeuse de places de parking ou à des promoteurs immobiliers. Au contraire nous en ferons un des centres névralgiques de la ville une belle place publique ouverte sur les bords de Seine, bordée de cafés, de commerces de proximité, une place accueillante pour les étudiantEs de l’université qui sont déjà là et celles et ceux que nous nous apprêtons à recevoir. Une place où les melunaisES pourraient flâner, se croiser, parler, les enfants jouer, bref une place où nous pourrions profiter de notre ville.

Nous construirons une véritable régie publique de l’eau. Il est inadmissible que nous permettions à une des plus grandes multinationales de l’eau dont les bénéfices ont bondi de 50% en 2014 passant à 151 millions d’euros, contre 100 millions d’euros sur la même période l’an dernier et qui verse à ses actionnaires des dividendes qui augmentent de 10% par an. L’eau est un bien commun, nous devons préserver cette ressource indispensable à nos vies et faire en sorte qu’elle soit accessible à touTEs.

Car la ville que nous voulons est une ville solidaire où le prix de l’ensemble des services municipaux sera calculé en fonction du quotient familiale de façon à permettre à touTEs les melunaisES d’avoir accès à tous les services.

L’éducation et la culture seront également des axes centraux de notre politique et en plus de permettre l’implantation sur notre ville d’une école innovante sur le plan pédagogique en partenariat avec l’éducation nationale, de soutenir avec opiniâtreté le travail de nos professeurEs des écoles et de nos directrices et directeurs d’école, nous impulserons un festival des arts de rue et confierons la gestion du cinéma de notre ville, aujourd’hui remunicipalisé, à une association à but non lucratif qui développera une politique ambitieuse d’accès et d’éducation au cinéma.

Bref, nous transformerons Melun en une ville, bien différente du Melun actuel, avant tout organisée pour favoriser la qualité de vie de touTEs ses habitantEs : un environnement sans pollutions, une alimentation saine, des transports fréquents et rapides, des espaces urbains à vivre, des services publics de qualité et accessibles à touTEs. Dès maintenant nous devons engager Melun dans la transition écologique et sociale, dans la réappropriation des biens communs par les citoyennes et les citoyens et la promotion d’une citoyenneté active de chacun quelles que soient ses origines et son statut.

Je vous remercie.

#CAMVS Subventions aux associations : la #gabegie de l’innovation alimentaire !

 

Intervention Bénédicte Monville-De Cecco lors du conseil communautaire de Melun-Val de Seine du 29/04/16

De quoi l’innovation alimentaire est-elle le nom ?

Voilà un projet qui a priori prête à sourire. « Vitagora », un projet d’innovation alimentaire. Spontanément on se demande s’il s’agit de fabriquer du Pot au feu OGM, du Couscous lyophilisé, des gélules de Cassoulet pour cosmonaute en mal du pays ou d’augmenter encore la masse musculaire des charolaises (déjà qu’elles ont du mal à se hisser sur leurs pattes). Pourtant quand on arrive au détail des subventions, on n’a plus guère envie de sourire. Parce qu’au 40 000 euros de subvention déjà versés l’année dernière et reconduits cette année s’ajouteront 30 000 euros. Au total ce sont 70 000 euros que notre communauté d’agglomération versera à un projet dont tout ce que nous savons nous invite à la plus grande réserve. Et alors même que de nombreuses associations voient leurs subventions à peine maintenue voire baisser.

Car que savons-nous exactement de ce projet d’innovation alimentaire ?

Les documents mis à notre disposition indiquent que 30 000 euros seront dévolus à l’organisation d’un évènement BtoB, entendez « Business to Business » rassemblant (je cite) des « donneurs d’ordre internationaux » et je cite encore « jusqu’à une douzaine de grands comptes ». Si nous traduisons ces expressions emphatiques et prétentieuses (il faut surement au moins avoir fait un master 2 de marketing pour écrire ça) de quoi s’agit-il ? D’inviter des femmes et des hommes qui appartiennent à des entreprises représentant un chiffre d’affaires réel ou potentiel considéré comme très important à participer à un évènement de deux jours à Melun.

Autrement dit, la Communauté d’agglomération va dépenser 30 000 euros pour financer un évènement mondain qui va rassembler à Melun 50 à 70 « donneurs d’ordre » et « grand-comptes ».

La première question que je veux vous poser est : puisque nous aurons les grands-comptes, A quand les ducs et les marquis ? La deuxième : Ne croyez-vous pas que nous avons mieux à faire que de dépenser l’argent des contribuables de notre agglomération à organiser des mondanités de ce genre ?

Les documents nous disent encore que les 40 000 euros restants seront quant à eux consacrés à la compétitivité des acteurs de « l’agro-alimentaire et de la nutrition-santé ». On croirait lire un mauvais tracts des années 1980 sur l’innovation alimentaire. A l’époque tout le monde croyait encore que les multinationales de la révolution verte oeuvraient pour le bien de l’humanité. Mais aujourd’hui nous savons que ces empoisonneurs publics sont non seulement responsables pour une part non négligeable de l’épidémie de cancer qui sévit dans notre pays et dans le monde mais qu’ils ont laminé l’agriculture paysanne pourvoyeuse de millions d’emplois locaux et d’aliments de bonne qualité. Alors plutôt que de continuer à financer ces apprentis sorciers qui ont depuis longtemps fait la preuve de leur irresponsabilité, les sommes importantes que vous vous apprêtez à donner trouveraient à être bien mieux utilisées, dans nos territoires semi-ruraux, dans un projet concret d’innovation agricole.

Car il est urgent de repenser notre modèle de développement économique or ce que vous nous proposez correspond à une vision surannée, totalement dépassée. Il y a pourtant des exemples qui fleurissent partout en France aujourd’hui. Comme cet ambitieux projet développé par l’association « Fermes d’Avenir » en Indre-et-Loire, dans la région centre, autour de la promotion d’un nouveau modèle d’agriculture, basé sur les principes de l’agroécologie et capable de créer 3 emplois par hectare cultivé. Ce projet qui associe des acteurs variés, université, grande école, associations est soutenu par la Communauté Européenne, par sa région, par sa Communauté de Communes et plusieurs acteurs privés. C’est d’un projet comme celui-là dont nous avons besoin. Un projet qui crée des emplois locaux, non délocalisables, qui réinvestit les savoir-faire séculiers de notre région tout en les combinant à des savoirs nouveaux qui permettent, en diversifiant les cultures, d’obtenir de bons rendements sans employer un seul intrant chimique toxique.

Au contraire, l’obscure projet d’innovation alimentaire que vous nous proposez pour 70 000 euros démontre que vous n’avez pas du tout pris la mesure des enjeux.

Nous voulons que notre communauté d’agglomération innove certes, nous voulons qu’elle investisse dans l’avenir de nos territoires mais en développant leur capacité de résilience pas en l’amputant. Investir dans la recherche, dans l’enseignement, dans l’aide à l’installation pour que se développe une agriculture biologique productive, pourvoyeuse de nombreux emplois locaux et d’aliments de grande qualité dans le sud Seine et Marne constituerait une vraie innovation, un vrai changement parce qu’il s’agirait en effet d’autre chose que d’entretenir une petite aristocratie de « grands-comptes » à grands frais pour les contribuables.