Mois: juillet 2015

Tribune de membres de Bien Vivre à Melun, habitant-e-s du quartier Schuman

Selon le Protocole de Préfiguration (version projet) ayant pour objet le NPNRU (ANRU2) élaboré par la Communauté d’Agglomération Melun-Val de Seine présenté et lu par la majorité lors de la séance du Conseil Municipal du jeudi 25 juin 2015  le quartier Schuman serait un lieu plutôt calme où l’activité professionnelle des habitant-e-s est importante et les habitant-e-s solidaires… Mais, car il y a toujours  un Mais !, « cependant ce relatif isolement a généré en parallèle un esprit revendicatif affirmé tout en favorisant un forme de phénomène d’autogestion qui peut être compliqué à appréhender. »

De qui parle-t-on ? De ces bénévoles ; femmes et hommes qui donnent gratuitement de leur temps et de leur énergie pour tenter d’ améliorer le quotidien de leurs semblables, de prévenir  la délinquance dans leur quartier, depuis des années ces habitant-e-s viennent combler la disparition des travailleurs sociaux de terrain, ils-elles ont créé leurs associations, qui  jouent un rôle essentiel d’intermédiaire entre les bailleurs et les locataires et se sont toujours tenues à disposition de l’équipe du maire pour calmer les tensions et régler les litiges  (voir les art. du  Parisien du 20 nov 2008, du 27 fév.2005 )

Le Protocole de Préfiguration d’ « autogestion » un mot largement associé aux valeurs de solidarité, d’entraide, d’éthique et dévouement mutuel. Oui ! nous fonctionnons comme on peut avec les moyens du bord, animé-e-s par ces valeurs, puisque toute demande de notre part est rejetée faute de budget.

Ces associations, à l’initiative d’actions citoyennes (sensibilisation à la prévention routière…), ont toujours eu le respect de proposer à ceux qu’elles considèrent comme leurs partenaires, Mr Le Maire et son équipe, de se joindre à elles. Elles participent activement à toutes les actions citoyennes et solidaires qui leurs sont proposées ; participation aux téléthons, aux lotos solidaires pour lever des fonds pour les écoles, au dialogue entre le collège et les parents. Partenariat avec le service jeunesse (création d’une équipe de foot… )

Il a été choisi d’utiliser l’adjectif revendicatif pour qualifier les doléances légitimes des habitants, il aurait été plus juste d’utiliser le terme CITOYEN.

Il est vrai que tout ce qui a été obtenu l’a été au prix de négociations et de résistance. Comment a-t-on obtenu la rénovation du service jeunesse ? La construction d’un espace pour accueillir le Centre Social essentiel pour l’aide aux familles dans le besoin ? La rénovation du gymnase ?  

Cela fait des années que nous réclamons la rénovation des toilettes de l’école Jean-bonis. Nos enfants se retiennent d’aller faire leurs besoins et sont sujet à des infections urinaires… Cependant, nous ne nous sommes jamais invités au Conseil Municipal comme l’on fait les parents d’élèves de l’école Pasteur en février (article Parisien du 12 fév.2011). Comme nous n’avons jamais rédigé une lettre ouverte dans laquelle des habitants exigent légitiment l’extension de leur école car l’argument économique n’est pas recevable lorsque le bien-être de nos enfants est en jeu ! Ces électeurs-trices ont su se faire entendre et ont eu gain de cause (art. Parisien du 21 mars 2009)

«Les esprits revendicatifs» n’existent pas seulement à Schuman ! Il y a aussi les opposants au tracé du futur TZEN2, les habitants de la Place Praslin. C’est un droit de ne pas être d’accord et d’exiger une concertation !

Quel paradoxe ?  On nous reproche notre investissement, qu’on caricature en le qualifiant « d’esprit revendicatif » alors même que Monsieur Le Préfet Jean-luc Marx au nom du gouvernement et Monsieur Louis Vogel Président de la Communauté d’Agglomération Melun-Val de Seine écrivent et signent dans le guide du Conseiller Citoyen que la participation des Citoyens est essentielle à la réussite de la politique de la ville dans nos quartiers, l’expression des habitant-e-s et des usagers doit être favorisée. C’est désolant !

Le sentiment d’appartenance au quartier Schuman est très fort et notre quartier a beaucoup de potentiel. Il est enclavé mais pas isolé et c’est un quartier équipé comme les autres. Mais nos équipements ne sont pas valorisés. Nous regrettons qu’avec les années, malgré un enseignement de qualité et un climat serein dans nos écoles, beaucoup de familles de gendarmes et de pompiers aient préféré demander des dérogations pour inscrire leurs enfants dans les écoles des communes limitrophes (Cesson, Vert-St-Denis). Les écoles de notre quartier sont victimes des « clichés » que véhicule justement ce document et qui font tant de mal à la cohésion sociale. Alors même que celles et ceux qui l’ont rédigé prétendent travailler pour améliorer le vivre ensemble.

Le Protocole insiste sur la fragilité des fondations des immeubles TMH pour déjà affirmer qu’aucune réhabilitation ne peut être possible. Si le bâti est si dangereux, pourquoi aucune déclaration de mise en péril imminent n’a été faite ? Avec suspension des paiements des loyers et relogement en urgence des locataires. Cette affirmation repose-t-elle sur une expertise des lieux ? Pourquoi demander l’avis des habitant-e-s si le projet  d’une démolition est déjà faite ? Si tous les immeubles TMH sont démolis, il sera aussi décidé de détruire les écoles… Schuman disparaîtra !

La démolition d’immeubles n’est pas condamnable en soit mais, avoir comme priorité de tout raser, non ! Il existe d’autres solutions et la réhabilitation en est une, souvent moins coûteuse.

La situation périurbaine de Schuman intéresse la promotion immobilière privée. D’ailleurs le protocole insiste sur le potentiel foncier d’ampleur du secteur avec la disparition d’une partie de l’emprise de la gendarmerie, la présence du terrain de rugby et des potentielles démolitions. N’oublions pas la proximité du futur hôpital, le TZEN2, etc.

En espérant que la concentration des moyens financiers par l’ANRU n’empêchera pas la municipalité de rechercher des solutions alternatives à la démolition. Nous savons que les maires sont tentés de favoriser les démolitions pour obtenir des financements.

La Rénovation urbaine  n’est pas qu’un projet de bâtisseurs, mais surtout un programme pour les gens qui vivent dans ces quartiers, les habitant-e-s concernés attendent une véritable concertation, ils-elles veulent être considéré-e-s comme des partenaires dans l’élaboration de choix qui les concernent. Les Schumanais sont là, avec leur histoire, liée à celle de leur quartier, en bien et en mal. La transformation du quartier doit se faire de manière progressive, en évitant la « table rase », en recomposant les choses à partir de l’existant, on doit traiter les habitants de Schuman comme des citoyens, à l’égal des autres.

Démolir implique de reconstruire au moins autant de logements et de les intégrer dans des quartiers de qualité, ce qui nécessite des investissements publics.

Il ne faut pas sous prétexte de mixité sociale, exclure et réduire le nombre de logement sociaux, les démolitions n’aboutissent pas à la mixité sociale souhaitée mais, au contraire, à la reconcentration des ménages pauvres soit dans les parties non démolies des quartiers en rénovation, soit dans des quartiers aussi défavorisés que ceux qu’on les oblige à quitter (exemple ANRU 1 Montaigu, Gaston-Tunc…). Et les logements neufs proposés sont hors de prix.

S’il peut être acceptable, dans certains cas de procéder à des démolitions très partielles, cela ne saurait se faire sans l’accord des premier-e-s intéressé-e-s, à savoir les habitant-e-s et à condition que le déménagement soit pour eux une amélioration de leurs conditions de vie.

La réforme territoriale engagée et la fusion proposée entre les communautés d’agglomération de Sénart (77) et d’Évry-Centre Essonne (91) répond à une vision d’aménagement du territoire idéologique croissantiste

Melun, le 24 juillet 2015

CP-SRCI fusion Sénart(77)-Evry(91)-24:07:15

Communiqué de presse – EELV77

La réforme territoriale engagée et la fusion proposée entre les communautés d’agglomération de Sénart (77) et d’Évry-Centre Essonne (91) répond à une vision d’aménagement du territoire idéologique croissantiste et obère les possibilités d’un développement durable écologiquement et juste socialement.

Le contexte

La réforme territoriale engagée en 2010 et aujourd’hui poursuivie – à travers la nouvelle organisation territoriale (loi NOTRe) adoptée le 2 juillet 2015 par l’Assemblée nationale, la loi relative à la modernisation de l’action publique territoriale et l’affirmation des métropoles du 27 janvier 2014 (loi MAPTAM) et la création de la Métropole du Grand Paris (MGP) qui interviendra au 1er janvier 2016 – modifiera significativement le territoire de notre département, la Seine-et-Marne.

Dans le cadre de cette réforme, le Préfet de la région Île de France a arrêté le 4 mars 2015 le schéma régional de coopération intercommunale qui détermine la fusion de la communauté d’agglomération de Sénart (77) (qui regroupe les communes de Lieusaint, Cesson, Combs-le-Ville, Moissy-Cramayel, Nandy, Réau, Savigny-le-Temple, Vert-Saint-Denis) avec la communauté d’agglomération Evry-Centre Essonne (91), la communauté d’agglomération Seine Essonne (91), le syndicat d’agglomération nouvelle de Sénart en Essonne (91) et l’extension du périmètre du nouveau regroupement à la commune de Grigny (91).

Les préfets des départements de l’Essonne et de la Seine-et-Marne ont confirmé le projet de ce nouvel EPCI (Etablissement public de coopération intercommunale) par arrêté du 28 mai 2015 et invité les conseils municipaux des communes concernées à donner leur accord sur le périmètre proposé.

A Sénart (77), les conseils municipaux et le conseil communautaire ont voté contre le SRCI (Schéma Régional de Coopération Intercommunale) proposé. Pour autant, la Commission Régionale de Coopération Intercommunale (CRCI) a maintenu telle quelle la proposition.

Notre avis

Les écologistes, de tout temps opposés aux départements et au mode de scrutin majoritaire, ont voté la loi MAPTAM. Cependant, nous contestons la nouvelle organisation territoriale annoncée en Île de France et, en l’occurrence, en Seine-et-Marne.

Au plan démocratique, le schéma proposé coupe le territoire de Melun-Sénart en deux alors que pour ses habitant-e-s celui-ci forme un seul bassin de vie. Il dessine une hyper-agglomération de 532 000 habitants qui irait de l’Arpajonnais aux contreforts de Melun et aboutirait à une redistribution du pouvoir au profit de la communauté d’agglomération d’Évry-Centre Essonne (CAECE) et de la ville d’Evry, affaiblissant en conséquence la représentation des communes de l’agglomération de Sénart.

La taille démographique et géographique de ce nouvel EPCI aboutira immanquablement au renforcement de la démocratie représentative quand il faudrait, au contraire, inventer la démocratie participative à travers la promotion d’espaces démocratiques fondés sur une large participation des citoyen-ne-s au débat public. Déjà, les communes et intercommunalités concernées expriment le sentiment que leur avis n’a pas été pris en compte et qu’elles n’ont pas pu choisir leurs partenariats ni bénéficier du délai nécessaire à l’élaboration d’un projet commun.

La question des solidarités entre les territoires urbains et ruraux, cruciale en Seine-et-Marne, n’est pas abordée. Or, si l’Île de France est la région la plus riche d’Europe, c’est aussi une des plus inégalitaires. En Seine-et-Marne, beaucoup de ménages très modestes vivent dans des territoires ruraux où ils trouvent encore à se loger mais qui sont mal déservis par les transports en commun et abandonnés des services publics. Alors que les conséquences de ces inégalités sont souvent dramatiques pour les familles, cette nouvelle organisation de notre territoire aboutira à priver le sud Seine-et-Marne d’un pôle économique de première importance et d’une partie de ses moyens financiers déjà amputés par l’effort budgétaire demandé par l’État.

En effet, le territoire de l’agglomération de Sénart est globalement dynamique au plan démographique comme économique. Selon l’INSEE, Sénart compte une population jeune (un habitant-e sur trois a moins de 20 ans) et relativement peu exposée à la pauvreté ou à la précarite même si les profils sociaux des communes sont contrastés. L’agglomération sénartaise constitue un important bassin d’emplois en particulier dans l’industrie et le commerce et, dans une moindre mesure, dans le secteur des transports et de la logistique.1

Nous ne contestons pas qu’il puisse être utile de rationaliser notre organisation territoriale (réduire le mille-feuilles) et ainsi réduire les dépenses publiques. Mais la réforme qu’on nous propose aboutira, en Île de France, à la constitution d’une agglomération centrale concentrant richesses économiques, services publics et pouvoir politique au détriment des territoires périphériques de la grande couronne. La vision politique qui préside à ces choix est idéologique et ignore l’intérêt à long terme des citoyen-ne-s. Il s’agit de constituer des grandes intercommunalités qui, par leur importance démographique et leur puissance économique renforceront le poids économique de la Métropole du Grand Paris (MGP) dans une compétition mondiale entre grandes métropoles. Ce projet s’inscrit dans une vision croissantiste (même verdie) du développement de l’Île de France alors même que nous la savons condamnée par les limitations intrinsèques de nos ressources et le désordre géopolitique et climatique qu’elle engendre.

A l’inverse de nos adversaires politiques, nous, les écologistes, préconisons une faible spécialisation des territoires par le développement d’emplois de proximité diversifiés. Cela passe par la croissance des activités socialement et écologiquement utiles, le développement de l’économie sociale et solidaire, et une politique industrielle qui privilégie les TPE-PME.

La résilience de nos territoires et la lutte contre le changement climatique passe par un développement équilibré de notre territoire : une meilleure répartition des richesses et l’expression de solidarités entre des « pays » démocratiques, au plus près des citoyens. En outre, le développement d’une économie locale utile socialement et durable écologiquement répondrait à la fois à l’urgente nécessité d’emplois, limiterait nos dépenses énergétiques en réduisant notre besoin en transports et libèrerait un temps de vie considérable aujourd’hui dépensé par les franciliens pour se déplacer de leur domicile à leur lieu de travail.

Bénédicte Monville-De Cecco, porte-parole et secrétaire EELV77

Pascal Vesvre, secrétaire EELV77

1À titre de comparaison, le taux de chômage y est inférieur de 2,7 points à celui de l’agglomération Melun-Val de Seine (11% contre 13,7%) et de 3,7 points inférieur à celui de l’agglomération d’Evry-Centre Essonne (11% contre 14,7%), le taux de pauvreté y est inférieur de 4,8 points à celui de l’agglomération Melun-Val de Seine (11,7% contre 16,5%) et inférieur de 8,2 points à celui de l’agglomération d’Evry-Centre Essonne (11,7% contre 19,9). La médiane du revenu disponible par unité de consommation en 2012, en euros était de 21 241,7 pour la CA de Sénart contre 19 407,7 pour la CA de Melun-Val de Seine et de 18 524,5 pour la CA d’Évry-Centre Essonne.

CP-SRCI fusion Sénart(77)-Evry(91)-24:07:15

Le Passe Navigo unique: l’écologie au service des Franciliens

Les candidat(e)s EELV pour les régionales d’Île-de-France veulent rappeler la paternité des écologistes sur le Passe Navigo unique qui sera mis en place à la rentrée prochaine. « Le Passe Navigo unique, c’est l’esprit de reconquête citoyenne et de solidarité que nous voulons pour l’Ile-de-France de demain. »


Cet été, un vent de liberté se lève sur l’Ile-de-France, et le pouvoir d’achat de ses habitants va profiter d’une grande bouffée d’oxygène. Voulu et porté par les écologistes, le Passe Navigo unique arrive enfin. Il est même déjà là pour les jeunes qui ont une carte Imagine’R. Ces derniers ne connaitront plus les différentes zones qui érigent des murs entre le centre de l’Ile-de-France et sa périphérie.

Au 1er septembre, il n’y aura plus qu’une seule Ile-de-France, sans frontières. Un territoire unique qui rassemble, que chacun peut explorer à sa guise pour en découvrir les richesses. Des grands banlieusards aux Parisiens, en passant par les habitants des quartiers ou des zones dites péri urbaines, tout possesseur d’un forfait Navigo pourra, au prix le le plus bas, parcourir toute l’Ile-de-France.

Lire la suite de cette tribune là :

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L’avis de Bénédicte Monville-De Cecco, tête de liste EELV dans le 77 pour les élections régionales de décembre 2015 et signataire de cette tribune :

J’ai signé cette tribune parce que le Passe Navigo à tarif unique est une mesure aujourd’hui juste socialement. Celles et ceux qui, comme nous en Seine-et-Marne, vivent loin du centre de Paris, le plus souvent pour des raisons économiques, ont le sentiment d’être les dindons d’une farce dont ils ne maîtrisent pas les scenarii : un temps de transport décuplé, une vie sociale restreinte et une facture nettement supérieure à celles et ceux qui ont les moyens de vivre à Paris ou à proximité des bassins d’emplois. Pour autant, dans un monde idéal, un monde écologique, les gens n’auraient pas à perdre des heures de leur temps de vie dans les transports en commun pour se rendre sur leur lieu de travail et les plus pauvres ne seraient pas ex-centré-e-s (pour ne pas dire chassé-e-s) des centres villes et des bassins d’emplois qui, d’ailleurs, se répartiraient également sur l’ensemble du territoire.

Par ailleurs, les transports en commun ont un coût écologique important (matières premières, énergie, infrastructures, travail, etc.) et plus la distance parcourue est grande, plus ce coût augmente. Il est essentiel que le public ait conscience de l’importance de ce coût et de ses conséquences sur notre écosystème.
Enfin, toutes les études montrent que plus on améliore la performance (au sens capitaliste et productiviste) des moyens de transport plus les travers que nous, les écologistes, combattons s’accentuent et plus le temps de transport moyen par actif augmente.

Le combat écologiste vise bien à réduire l’utilisation des transports motorisés polluants et à améliorer la qualité de vie des êtres humains donc à relocaliser l’activité économique (l’inverse du projet du Grand Paris !).
Mais cette impérieuse nécessité ne me fait pas oublier qu’aujourd’hui trop de familles des classes moyennes et populaires paient plus cher et deux fois (en temps et en argent) pour des choix collectifs d’aménagement du territoire irresponsables écologiquement et socialement.

Je sais aussi que l’impact de cette mesure sur le transport automobile individuel sera sûrement insuffisant parce que celles et ceux qui prennent leur voiture pour aller travailler le font soit parce que les transports en commun sont dans leur cas compliqués et extrêmement chronophages (de banlieue à banlieue), soit parce qu’ils-elles travaillent avec leur véhicule, soit parce que leurs déplacements sont occasionnels. Or, dans ce dernier cas, ils-elles n’utilisent pas de Passe Navigo mais des tickets. Et cette mesure ne s’applique pas aux carnets de tickets ce qui, de fait, favorise les inclus-es, c’est-à-dire celles et ceux qui travaillent et dont la moitié de leur titre de transport est remboursé par leur employeur.

Personnellement, je milite pour qu’on continue d’améliorer cette mesure et qu’on aille encore plus loin. Je suis à la fois favorable à d’autres choix d’aménagement du territoire et à la gratuité des transports en commun. Un service public gratuit est par définition financé par l’impôt. Par conséquent, le problème des modes de transport ne se poserait plus aux seuls usagers mais à tou-te-s les habitants de notre région et il me semble que le problème de l’aménagement de notre territoire et de la pollution est bien un problème qui doit être posé à cette échelle là. C’est ce que commence à faire le Passe Navigo à tarif unique. Parallèlement, il faudrait renchérir les moyens de transport individuels motorisés polluants, les interdire dans les centres villes (sauf raisons impérieuses travail, santé, sécurité, etc.) et développer les mobilités douces : vélos, trottinettes, marche à pied, etc.

Des transports en commun gratuits régleraient en partie le problème de l’injustice évidente qu’il y a à devoir vivre loin et payer plus et re-poseraient le problème de l’aménagement de notre territoire à tou-te-s les francilien-e-s et pas seulement à celles et ceux qui, parce qu’elles-ils paient cher ont un intérêt supérieur aux autres à penser les questions d’aménagement du territoire. Grâce à l’impôt (direct et proportionnel, sans niches fiscales et autres cadeaux aux grandes entreprises ou fortunes qui n’en ont pas besoin, là encore dans un monde écologique) le prix des transports pèserait davantage sur celles et ceux qui ont davantage de moyens quels que soient les choix qu’elles-ils auront fait. La question de la relocalisation des activités économiques se poserait dès lors avec la même acuité pour tout le monde, qu’on paie cher parce qu’on en a les moyens ou qu’on passe beaucoup de temps dans les transports en commun parce qu’on vit (faute de pouvoir faire autrement) loin de son travail.
Bénédicte Monville-De Cecco

La réorientation de la politique agricole du Conseil Départemental de Seine-et-Marne relève d’un choix passéiste et idéologique contraire aux intérêts des francilien-ne-s

CP-CG77Agriculture-2juillet2015Melun, le 2 juillet 2015

Communiqué de presse – EELV77

La réorientation de la politique agricole du Conseil Départemental de Seine-et-Marne relève d’un choix passéiste et idéologique contraire aux intérêts des francilien-ne-s

Lors de sa séance publique du 26 juin 2015, la nouvelle majorité de droite du Conseil départemental de Seine-et-Marne a voté une décision modificative (dite n°1) du budget 2015.

Parmi les mesures annoncées, on note une réorientation de la politique agricole du département en faveur d’un modèle agricole ultraproductiviste et des grands groupes de l’agrobusiness et, qui considére les enjeux environnementaux comme secondaires

Rappelons que la Seine-et-marne est le premier département agricole d’Île de France avec une surface agricole qui couvre 56% du territoire et une population agricole de 5700 personnes.

L’agriculture seine-et-marnaise est dominée par de grandes exploitations ultra productivistes (+ de 85% des exploitations : céréaliers et betteraviers, essentiellement, et ces dernières années agro-carburants) dont la moitié de la production est directement exportée. Les productions spécialisées (maraîchers, pépiniéristes, horticulteurs) ne représentent même pas 15% des exploitations et peinent à satisfaire le quart des besoins Franciliens alors que les productions animales ont pratiquement été abandonnées. Ce modèle agricole productiviste est destructeur d’emplois. En 10 ans, le nombre d’agriculteurs en Seine-et-Marne a diminué de 30% et la dépendance des exploitations envers la PAC (Politique Agricole Commune), augmenté. Actuellement, les aides représentent en moyenne 110% de leur revenu. De plus, la distribution de ces aides entre les différentes spécialisations agricoles privilégie les exploitations professionnelles de grandes cultures au détriment du maraîchage, de l’horticulture ou de l’arboriculture fruitière. Une politique départementale responsable devrait viser, au contraire, au rééquilibrage des aides publiques en favorisant les petites exploitations agricoles.

D’autre part, 550 ha de terres agricoles sont consommées chaque année sur le département par étalement urbain. Or, l’agriculture joue un rôle essentiel dans la préservation des territoires ruraux et naturels seine-et-marnais. En ces temps de très fortes chaleurs, nous mesurons une fois de plus combien ils sont essentiels, pour nous habitant-e-s de la Seine-et-Marne et pour nos voisins franciliens qui viennent par milliers profiter de la nature dans notre département.

Alors que l’agglomération parisienne constitue le plus grand secteur européen de consommation, le potentiel de développement de l’agriculture vivrière biologique en Seine-et-Marne est énorme. À condition que nous nous orientions dans la bonne direction : vers une agriculture vivrière biologique, grande pourvoyeuse d’emplois non délocalisables, hautement et faiblement qualifiés, vers une agriculture qui travaille pour le bien-être de la population francilienne. Le contraire de ce que nous promet le Conseil Départemental qui s’entête dans le développement d’un modèle agricole ultra-productiviste passéiste, destructeur de l’emploi, polluant et financiarisé, au détriment des populations et des agriculteurs eux-mêmes dont la plupart paie un lourd tribut pour un choix collectif.

Bénédicte Monville-De Cecco, secrétaire et porte-parole EELV77

Pascal Vesvre, secrétaire EELV77

Place Praslin (suites)

On y parle de l’influence de la façon de construire les villes sur l’augmentation de la température. Entre autres, bâtir en bord des cours d’eau empêche l’air frais de circuler, de même que des voies de circulation étroites. On y apprend aussi que tout bétonner ne permet pas à la température de baisser la nuit : la chaleur qui émane des bâtiments est réverbérée sur les constructions voisines et ne s’échappe pas vers le ciel. Alors qu’au contraire, plus il y a d’arbres et de verdure, plus il y a d’évaporation d’eau et plus cela rafraîchit l’air des villes. En plus, il paraît que cela va dans le sens de ce que veulent les citadins pour leurs villes !
Et tout ceci vient de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Ile-de-France.
Ce sont des arguments essentiels et même si leur poids sera relativisé par les arguments économico-libéraux que nous apposera la majorité municipale (ça fait marcher le BTP, ça crée de l’emploi, ça permet d’engranger des recettes supplémentaires-droits de mutation) il va falloir nous battre pour montrer que leur vision est à terme condamnée par des nécessités bien plus impérieuses que l’argent et la création d’emplois transitoires.